Trump au dîner des correspondants : une soirée sous haute tension
Trump au dîner des correspondants : soirée sous tension

Sur une échelle du malaise, à combien va s’élever le dîner de ce samedi soir à la Maison-Blanche ? Après des années de boycott, le président américain Donald Trump va participer au dîner des correspondants, un raout politico-médiatique organisé par l’association des correspondants à la Maison-Blanche (WHCA).

Un événement sous le signe de la controverse

Ce dîner, auquel assistent des centaines de journalistes et dirigeants de presse avec leurs invités du monde politique et économique, a lieu chaque année fin avril. Traditionnellement, le président américain écoute le discours caustique d’un humoriste puis prononce lui-même une allocution avec blagues et autodérision. L’objectif ? Lever des fonds pour des bourses et des prix. Surnommé « bal des premiers de la classe », il est présenté comme une célébration de la liberté de la presse ou comme une soirée révélatrice d’une culture de l’entre-soi et de la connivence, selon ses détracteurs.

Un discours « très divertissant » promis

Contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1920, Donald Trump a toujours boudé la soirée en tant que président. « La presse a été extraordinairement méchante avec moi », s’est-il justifié sur son réseau Truth Social. Mais cette année, c’est la bonne : le président américain prendra part aux festivités. Contrairement à la tradition, aucun humoriste ne viendra le bousculer, puisque l’association WHCA a décidé d’inviter un magicien mentaliste, Oz Pearlman. Toutefois, la porte-parole Karoline Leavitt a promis un discours « très divertissant » du républicain de 79 ans pendant ce dîner en robe longue et smoking.

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Donald Trump voudra « exprimer ses griefs » face aux journalistes, prédit Robert Rowland, professeur de communication à l’université du Kansas. La décision du président américain de participer montre qu’il « se sent intouchable », selon l’universitaire.

« Ennemis du peuple »

Depuis son retour au pouvoir, le président américain attaque sans relâche la presse, verbalement et devant les tribunaux, tandis que l’emprise de ses alliés sur le paysage médiatique s’étend, comme le rachat de Warner Bros Discovery (WBD) par son concurrent Paramount Skydance, contrôlé par des proches de Donald Trump, les Ellison. Cette famille est aussi propriétaire de la chaîne CBS, qui a invité à sa table samedi deux des voix les plus radicales de la présidence Trump, le chef du Pentagone Pete Hegseth et le conseiller Stephen Miller, selon des informations de presse. La Maison-Blanche, mais aussi le Pentagone, ont également restreint voire supprimé l’accès de médias historiques, au profit de commentateurs acquis à la cause MAGA.

L’invitation adressée au milliardaire, qui a traité les journalistes « d’ennemis du peuple », a donc agité les rédactions de Washington, où circule une lettre ouverte signée par des centaines de journalistes et plusieurs associations. Elle appelle les membres de la WHCA, qui a jusqu’ici évité la confrontation ouverte avec Donald Trump, à « s’exprimer avec force, face à l’homme qui essaie de saper la longue tradition d’une presse indépendante ».

Vengeance

Le dîner des correspondants « a toujours été gênant », mais cette année, il est « particulièrement embarrassant », commente le magazine The Atlantic. Le New York Times a décidé il y a plusieurs années de couvrir l’événement sans y participer. En 2011, Donald Trump, qui humilie volontiers ses adversaires mais ne supporte pas d’être tourné en ridicule, avait été la cible des piques présidentielles alors qu’il assistait au dîner comme invité. Barack Obama s’était abondamment moqué de l’ancien promoteur immobilier. La rumeur murmure que c’est ce soir-là que Donald Trump aurait décidé de se lancer dans la conquête de la Maison-Blanche, pour se venger. Ce qu’il a démenti plusieurs fois.

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