Le nouveau dirigeant hongrois Péter Magyar rencontre les chefs des institutions européennes pour tenter de débloquer des fonds gelés et normaliser les relations avec l’Union européenne. Tourner la page Viktor Orbán et aller de l’avant. Le prochain dirigeant hongrois Péter Magyar rencontre mercredi à Bruxelles les chefs des institutions européennes avec lesquels il entend nettement réchauffer les relations. De ces rendez-vous, le futur Premier ministre espère tirer des avancées concrètes, à commencer par un plan précis pour récupérer des milliards d’euros de fonds destinés à Budapest et gelés par l’UE. Il est attendu à Bruxelles avec les bras grands ouverts. « C’est pratiquement comme si la Hongrie rejoignait à nouveau l’Union européenne », assure l’eurodéputé écologiste allemand Daniel Freund. La défaite de Viktor Orbán aux élections hongroises du 12 avril a provoqué un immense soulagement au sein de l’UE, contrainte de composer durant seize ans avec un Premier ministre proche de Vladimir Poutine et de Donald Trump, et qui a bloqué une série de dossiers, dont celui de l’Ukraine. Avec la victoire écrasante de Péter Magyar, la Hongrie, membre de l’UE depuis 2004, a « repris son chemin européen », a salué Ursula von der Leyen.
Volonté de normalisation rapide
La présidente de la Commission européenne rencontrera le quadragénaire en fin d’après-midi. À quoi bon attendre l’investiture de Péter Magyar prévue le 9 mai ? « Nous n’avons pas de temps à perdre », a fait valoir sur X l’intéressé, après des années de relations glaciales entre son pays et l’UE. Ces derniers jours, des responsables de l’UE ont déjà participé à deux réunions avec les équipes du futur Premier ministre pour évoquer les sujets les plus brûlants.
À commencer par les 18 milliards d’euros de fonds destinés à la Hongrie et gelés par l’UE dans le cadre de différentes procédures intentées contre les politiques de Viktor Orbán, concernant notamment les droits des personnes LGBT+ et des demandeurs d’asile, ainsi que des situations de conflits d’intérêts. En guise de main tendue au prochain dirigeant hongrois, et pour s’assurer de son soutien sur une série de dossiers, Bruxelles pourrait être favorable à un déblocage rapide de ces fonds. Dans un scénario similaire, l’UE avait débloqué des milliards d’euros destinés à la Pologne dès les premiers gages donnés par le gouvernement du Premier ministre pro-européen Donald Tusk, en 2024.
Le dossier des fonds européens
Plusieurs élus appellent toutefois Bruxelles à attendre l’adoption de réformes concrètes par Budapest avant de débloquer les fonds. Quelles mesures précises seront exigées de Péter Magyar, qui dispose d’une très large majorité au Parlement hongrois ? C’est tout l’objet des discussions de mercredi. Dans des déclarations récentes, Péter Magyar s’est engagé à être un membre loyal de l’UE et a annoncé notamment vouloir voir son pays adhérer au parquet européen. Il pourrait aussi rapidement abroger les lois anti-LGBT+. Coïncidence ou signe de bonne volonté ? Il a annoncé mardi vouloir « organiser une rencontre » en juin avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, avec qui Viktor Orbán entretenait des relations exécrables. Durant sa visite mercredi à Bruxelles, le futur dirigeant hongrois échangera également avec António Costa, qui préside le Conseil européen, l’institution réunissant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE. Sous l’ère Viktor Orbán, ces réunions de dirigeants européens ont été marquées par de nombreux coups d’éclat, du « salut, dictateur ! » que lui avait lancé en 2015 Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, à la séquence lors de laquelle Viktor Orbán s’était éclipsé en 2024 le temps que ses homologues valident l’ouverture de pourparlers d’adhésion avec l’Ukraine.



