Un appel de Trump à des élections en pleine guerre
Le 9 décembre 2025, Donald Trump a exhorté le président ukrainien Volodymyr Zelensky à organiser de nouvelles élections présidentielles, malgré la guerre en cours contre la Russie. Zelensky a répondu favorablement sur le principe, mais a fixé plusieurs conditions pour garantir la sécurité et la légitimité du scrutin. Cet article examine les circonstances et les modalités possibles d’une telle élection.
Le système électoral ukrainien
L’élection présidentielle ukrainienne ressemble à celle de nombreux pays européens, avec un scrutin universel à deux tours. La dernière élection a eu lieu en 2019, lorsque Volodymyr Zelensky, alors centriste, a remporté le second tour avec plus de 73 % des voix face au président sortant Petro Porochenko. À l’époque, Zelensky promettait de mettre fin à la guerre dans le Donbass, sans imaginer que la Russie envahirait son pays trois ans plus tard. Depuis, son mandat a été marqué par des scandales de corruption, en partie alimentés par la Russie, et sa légitimité est contestée en interne. Selon l’analyste politique Volodymyr Fessenko, cité par Le Monde, les opposants politiques marginalisés, qui haïssent Zelensky plus que Poutine, réclament naturellement sa démission et le déclarent illégitime.
Les obstacles juridiques et pratiques
Théoriquement, le mandat de Zelensky devait prendre fin en 2024, mais la Constitution ukrainienne interdit toute élection sous loi martiale, en vigueur depuis l’invasion russe de 2022. La priorité est donnée à la guerre, reléguant la vie démocratique au second plan pour protéger le pays et ses citoyens. Comme l’explique Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, sur LCI, organiser des élections en période de guerre est compliqué et nécessite de vérifier la compatibilité avec la loi martiale. Pour passer outre, il faudrait amender la Constitution, ce qui est loin de faire consensus. Même si c’était légalement possible, les dangers restent immenses : comment organiser un vote lorsque des villes sont bombardées jour et nuit ? Comment compter les bulletins dans les provinces occupées ? Comment éviter les ingérences étrangères alors que l’armée ennemie parcourt le territoire ?
Les conditions de Zelensky
Volodymyr Zelensky a déclaré : « Je demande aux États-Unis d’Amérique de m’aider, avec nos collègues européens, à garantir la sécurité des élections. » Il insiste sur la nécessité d’un cessez-le-feu ou de garanties internationales pour assurer un scrutin libre et sûr. Sans ces conditions, une élection risquerait d’être entachée de fraudes et de violences.
Un contexte tendu
La pression internationale s’accroît, mais les alliés européens restent inflexibles sur leur soutien à Zelensky. Des discussions sont en cours entre Macron, Zelensky et Starmer pour accentuer la pression sur Moscou et arracher un accord. Parallèlement, la Russie continue ses attaques, abattant des avions de chasse et semant le chaos. Dans ce climat, l’organisation d’une élection semble périlleuse, mais pas impossible si les conditions de sécurité sont réunies.



