Le sommet du G7 à Biarritz s'achève sur des notes contrastées. D'un côté, Donald Trump, le président américain, n'a pas manqué de vanter ce qu'il appelle son « super accord » commercial avec le Japon, conclu en marge des discussions. De l'autre, Emmanuel Macron, le président français, a défendu un agenda axé sur la lutte contre les inégalités et le changement climatique, tentant de maintenir une unité fragile au sein du groupe des sept grandes démocraties.
Un accord commercial en vedette
Donald Trump a annoncé avoir scellé un accord commercial « massif » avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Cet accord, selon Trump, ouvrira de nouveaux marchés aux agriculteurs américains et réduira le déficit commercial des États-Unis avec le Japon. Le président américain a qualifié cette entente de « super accord », soulignant qu'elle était bien meilleure que celle que son administration avait précédemment négociée avec le Canada et le Mexique. Cependant, les détails précis de l'accord restent flous, et les experts s'interrogent sur son impact réel.
Macron insiste sur le multilatéralisme
De son côté, Emmanuel Macron a cherché à recentrer les débats sur des enjeux globaux. Il a rappelé l'importance de la coopération multilatérale pour faire face aux défis du XXIe siècle, notamment les inégalités croissantes et l'urgence climatique. Macron a plaidé pour une fiscalité plus juste sur les géants du numérique et pour une action renforcée contre le réchauffement climatique, des thèmes qui ont parfois suscité des tensions avec Washington. Le président français a également insisté sur la nécessité de réduire les tensions commerciales, tout en défendant les positions européennes.
Des divergences persistantes
Malgré une volonté affichée de compromis, les divergences entre les membres du G7 sont restées palpables. Sur le dossier iranien, notamment, les positions américaines et européennes demeurent éloignées. Trump a réaffirmé sa stratégie de « pression maximale » sur Téhéran, tandis que les Européens, emmenés par la France, tentent de préserver l'accord nucléaire de 2015. Sur le climat, le fossé est tout aussi large : les États-Unis refusent de rejoindre l'accord de Paris, contrairement aux six autres membres.
Un sommet sous le signe de l'incendie
Le sommet s'est déroulé dans une ambiance particulière, marquée par les incendies en Amazonie, qui ont suscité une vive émotion mondiale. Macron a fait de ce sujet une priorité, menaçant de bloquer l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur si le Brésil ne prenait pas d'engagements concrets pour la protection de la forêt amazonienne. Cette position a été soutenue par plusieurs pays européens, mais a irrité le Brésil et les États-Unis.
En conclusion, le G7 de Biarritz a illustré les difficultés du multilatéralisme à l'ère Trump. Si des accords bilatéraux ont pu être conclus, l'unité du groupe reste fragile. Macron a tenté de défendre une vision progressiste, mais les intérêts nationaux et les divergences idéologiques ont limité la portée des engagements communs. Le prochain sommet, prévu aux États-Unis en 2020, s'annonce tout aussi complexe.



