Relaxe de l'ex-directrice de crèche People & Baby en appel
Ex-directrice de crèche relaxée en appel

Rebondissement dans un dossier sensible. L’ancienne directrice d’une crèche People & Baby de Villeneuve-d’Ascq a été relaxée lundi par la cour d’appel de Douai. Elle avait pourtant été condamnée en première instance pour des violences sur trois enfants.

Une décision de première instance annulée

En septembre 2024, jugée à huis clos aux côtés d’une ancienne infirmière de l’établissement, elle avait écopé de dix mois d’emprisonnement avec sursis. La justice lui avait aussi interdit d’exercer auprès de mineurs pendant trois ans.

Des preuves jugées insuffisantes

Cette fois, la cour d’appel a totalement inversé la décision. Elle a estimé qu’il ne ressortait pas de la procédure « d’éléments suffisamment précis permettant de lui imputer une telle responsabilité ». Une décision qui marque un tournant dans ce dossier très médiatisé. L’arrêt souligne l’absence de preuves suffisamment solides pour retenir la responsabilité pénale de l’ex-directrice.

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Pour sa défense, cette issue était attendue. « C’est un soulagement. Elle avait été condamnée sévèrement en première instance avec une interdiction d’exercer, alors que rien ne tenait en ce qui la concernait », a réagi son avocate, Me Blandine Lejeune. L’avocate dénonce aussi l’impact public du dossier. « Elle a été traînée dans la boue sur le plan médiatique et dans le livre Les Ogres. » Avant d’ajouter : « C’est une victoire et une reconquête de sa dignité. »

Un nouveau front judiciaire possible

Ce livre, signé par le journaliste Victor Castanet et consacré aux dérives de certaines crèches privées, évoque longuement cet établissement. Présent lors du procès à Lille en 2024, l’auteur pourrait désormais être visé par des poursuites. La défense de l’ex-directrice a en effet indiqué envisager une action en diffamation contre lui. Un nouveau front judiciaire pourrait donc s’ouvrir.

Des familles toujours en colère

Dans ce dossier, toutes les parties ne partagent pas le même soulagement. L’ancienne infirmière, elle, avait été reconnue coupable de violences sur huit enfants. Condamnée à une interdiction d’exercer pendant cinq ans, elle n’avait pas fait appel. Côté familles, la décision passe mal. « Ce sont des années de combat et d’espoir. Mes clients ont le sentiment que la justice n’a été rendue qu’à moitié », a déclaré Me Alexandre Schmitzberger, avocat de l’une d’elles. Il estime notamment que les violences subies par le fils de ses clients ont été minimisées. Une décision de justice qui laisse donc un goût amer pour une partie des victimes – et relance le débat sur la gestion de ces dossiers sensibles.

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