L'Autriche observe un deuil national ce mercredi 11 juin 2025 après la fusillade survenue dans un lycée de Graz. L'attaque, perpétrée par un ancien élève de 21 ans, a fait dix morts, dont un lycéen français de 17 ans, et onze blessés. L'auteur s'est suicidé après son crime, selon les autorités.
Un drame sans précédent
Le chancelier autrichien Christian Stocker a qualifié cet événement de "tragédie nationale". "C'est un jour sombre", a-t-il déclaré devant la presse, annonçant un deuil national de trois jours. Une minute de silence a été observée dans tout le pays à 10 heures (8 heures GMT).
Parmi les victimes, un élève français de 17 ans a été identifié. Son père, qui a souhaité rester anonyme, a confirmé l'information à l'AFP : "Mon fils fait partie des victimes. La police est venue à 18 h 30 (16 h 30 GMT) pour nous en informer."
Le profil du tireur
L'auteur présumé, un Autrichien de 21 ans originaire de la région, a agi seul. Il a utilisé un fusil et une arme de poing qu'il détenait légalement. Ancien élève de l'établissement, il n'avait pas terminé son cursus. Lors d'une perquisition à son domicile, la police a retrouvé une lettre d'adieu adressée à ses parents, mais sans indication sur son mobile. Une "bombe artisanale non fonctionnelle" a également été saisie, selon la police.
Réactions et émotion
La fusillade a provoqué une onde de choc en Autriche et en Europe. De nombreux dirigeants, dont la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz, ont exprimé leur solidarité. "Les nouvelles de Graz me touchent au cœur", a écrit Ursula von der Leyen sur X. Emmanuel Macron a adressé "aux proches des victimes" et "au peuple autrichien" toute "la solidarité de la France".
Des habitants de Graz ont témoigné de leur stupeur. Une riveraine américaine, mère de deux enfants scolarisés à proximité, s'est dite "choquée" : "Dans mon pays d'origine, on sait que cela arrive plus souvent, mais que cela se produise ici, c'est du jamais-vu." Roman Klug, un artiste de 55 ans habitant à deux pas, a souligné que "Graz est une ville sûre" et que l'école "est connue pour son ouverture et sa diversité".
Précédents en Europe
L'Autriche, pays de 9,2 millions d'habitants, figure parmi les dix États les plus sûrs du monde selon l'Indice mondial pour la paix. Cependant, l'Europe a été secouée par plusieurs attaques en milieu scolaire ces dernières années :
- En février 2025, un tireur a tué dix personnes dans un centre de formation pour adultes à Örebro, en Suède, avant de se suicider.
- En France, une assistante d'éducation a été mortellement poignardée par un collégien devant son établissement.
- La Slovaquie et la Croatie ont été endeuillées par des attaques au couteau.
- En République tchèque, un étudiant a tué 14 personnes fin 2023.
- En Serbie, un élève de 13 ans a tué par balles neuf élèves et le gardien d'une école en mars 2023.
Le président serbe Aleksandar Vucic a exprimé sa compassion : "La Serbie ressent votre douleur, parce que nous avons aussi vécu des tragédies dont le souvenir est encore frais."
Enquête en cours
La police poursuit son enquête pour déterminer les motivations du tireur. Une perquisition a permis de découvrir une "bombe artisanale non fonctionnelle" à son domicile. Les autorités appellent à la prudence et à ne pas spéculer sur le déroulé des événements. Le lycée, qui accueille environ 400 élèves de 14 à 18 ans, reste fermé. Des bouquets de roses et des bougies ont été déposés devant l'établissement, tandis que des magasins ont baissé le rideau par sécurité.



