Le récap du week-end : accord États-Unis - Iran, Glucksmann à Aubervilliers, pétrolier fantôme russe intercepté… Les cinq infos à retenir
Vous n’avez pas suivi l’actualité de ce week-end des 13 et 14 juin ? « Le Nouvel Obs » vous résume les cinq informations qu’il ne fallait pas manquer.
L’impossible accord États-Unis-Iran
Donald Trump l’avait affirmé : les États-Unis allaient signer ce dimanche, jour de ses 80 ans, un accord avec l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et prévoyant la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Une information qui n’a pas été confirmée par l’Iran, l’agence de presse Fars, réputée proche des milieux conservateurs, ayant même assuré que l’Iran n’avait « pas encore pris ni annoncé sa décision finale » sur une signature, la possibilité d’un tel règlement suscitant l’opposition de certains ultraconservateurs.
Mais, alors que l’Iran n’a eu de cesse de lier la signature d’un possible accord à la situation sur le front israélo-libanais, l’armée israélienne a justement annoncé avoir mené ce dimanche des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien, en représailles à des tirs de drones ayant touché le territoire israélien depuis le Liban. Frappes qui ont tué trois personnes.
À la suite de cette attaque, l’Iran a accusé les États-Unis de ne pas respecter ses engagements et son négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a jugé « inutile de poursuivre » les pourparlers avec les États-Unis « si » les engagements n’étaient pas tenus. Ces frappes pourraient menacer la signature de l’accord car l’Iran avait déjà prévenu que viser la capitale libanaise constituait une ligne rouge, argument qui avait été utilisé pour justifier des tirs de missiles contre l’État hébreu il y a une semaine. Un haut-gradé a d’ailleurs averti que les frappes israéliennes au Liban ne resteront pas « impunies ». L’armée israélienne a, pour sa part, annoncé se préparer à une attaque « potentielle » vers son territoire.
Amer, Donald Trump a pour sa part dit regretter l’attaque israélienne : « L’attaque de ce matin à Beyrouth n’aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d’un accord de paix avec l’Iran », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. Puis d’ajouter que cet accord serait signé « dans quelques heures ».
Glucksmann réunit ses partisans à Aubervilliers
Une semaine après la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon, qui a rassemblé selon ses soutiens 26 000 personnes à Saint-Denis, c’était au tour de Raphaël Glucksmann de réunir ses partisans ce week-end à Aubervilliers. Pour ce tout premier meeting, son équipe a revendiqué entre 3 000 et 4 000 participants, soit près du double de la jauge qu’espérait atteindre son entourage. Pas encore officiellement candidat, l’eurodéputé a placé la souveraineté économique au cœur de son projet : réindustrialisation, transition écologique et lutte contre les géants du numérique dessinent les contours de son offre politique pour 2027.
Étaient présents l’ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot, les socialistes Carole Delga et Michaël Delafosse, la diplomate et économiste Laurence Tubiana, les anciens ministres Bernard Kouchner et Marisol Touraine, la journaliste Anne Sinclair, ou encore le réalisateur Michel Hazanavicius et sa compagne l’actrice Bérénice Bejo. Premier secrétaire du PS, Olivier Faure était en revanche absent, tout comme l’ex-président François Hollande, qui se tient en embuscade en cas d’échec de l’eurodéputé.
Anthropic contraint de suspendre son IA la plus puissante
C’est une première. Le ministère américain du Commerce a ordonné à Anthropic de retirer ses modèles d’intelligence artificielle (IA) les plus puissants trois jours après leur lancement, pour raisons de « sécurité nationale ». Dans la foulée, la firme a annoncé suspendre ses deux nouveaux modèles, sa version très restreinte Mythos 5 et sa déclinaison bridée pour le grand public, Fable 5, afin de se conformer à cette injonction.
À la différence de Mythos 5, débridé et réservé à une poignée de partenaires, Fable 5 a été lourdement harnaché pour prévenir tout détournement majeur, en particulier pour des attaques informatiques ou la conception d’armes chimiques et biologiques. Mais selon Anthropic, une organisation, dont elle n’a pas révélé le nom, a rapporté à l’administration Trump être parvenue à contourner les garde-fous destinés à éviter que Fable 5 ne serve à une cyberattaque. Anthropic a qualifié d’« étroite » l’ouverture trouvée par ce tiers, dont plusieurs médias ont affirmé qu’il s’agissait d’Amazon, et de « mineures » les failles logicielles qu’elle permettait d’identifier.
Un pétrolier de la flotte fantôme russe intercepté dans la Manche
Les forces britanniques ont intercepté ce dimanche, avec la collaboration de la France, un pétrolier de la flotte fantôme russe dans la Manche, l’Ukraine saluant un coup « qui prive d’argent » le Kremlin. Selon des images diffusées par le ministère britannique de la Défense et relayées par le Premier ministre britannique, des commandos de la marine sont montés à bord du navire à la faveur de l’obscurité en descendant suspendus à des cordes depuis un hélicoptère.
L’opération menée à l’aube, d’une durée de six heures, a bénéficié d’un soutien aérien, notamment des hélicoptères Chinook, Merlin Mk4 et Wildcat, et du concours de bâtiments de la marine, dont la frégate HMS Sutherland et le chasseur de mines HMS Ledbury. Le navire doit être transféré vers un mouillage au large de la côte sud de l’Angleterre et placé sous surveillance. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit sur X « reconnaissant au Royaume-Uni d’avoir pris cette mesure importante contre la flotte pétrolière de la Russie ». « Chaque décision de nos partenaires qui prive d’argent la Russie limite aussi la guerre elle-même. »
Soulagement en Suisse après le rejet d’un texte anti-immigration
C’est un soupir de soulagement. En Suisse, autorités, milieux économiques, partenaires sociaux et principaux partis se sont réjouis du rejet, par plus de 54 % des votants, de l’initiative anti-immigration portée par la droite radicale, qui visait à plafonner la population du pays alpin. « Par leur décision d’aujourd’hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité », a déclaré le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, en conférence de presse, après avoir annoncé le résultat.
Dans les sondages précédant le vote, le non était donné légèrement gagnant pour cette initiative, dont l’adoption aurait pu compromettre les relations entre la Suisse et l’Union européenne, son principal partenaire commercial, avec laquelle elle entretient des liens économiques étroits malgré sa non-appartenance à l’UE. Portée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, cette initiative, dans une Suisse où les étrangers représentent plus d’un quart de la population, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que la population résidente permanente dépasse les 10 millions d’habitants d’ici à 2050 alors que le pays en compte actuellement 9,5 millions.
« En rejetant l’initiative de l’UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie », a réagi l’Union syndicale suisse. Selon Jess Middleton, de la société d’analyse des risques Verisk Maplecroft, le rejet de l’initiative « a permis à la Suisse d’éviter une perturbation majeure pour son économie et ses relations avec Bruxelles ». « C’est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse », malgré un large soutien dans les zones rurales, a déclaré aux journalistes le patron de l’UDC, Marcel Dettling.



