Trump durcit les sanctions contre Cuba, défilé massif à La Havane
Trump durcit les sanctions contre Cuba, défilé à La Havane

Le président américain Donald Trump a renforcé la pression économique sur Cuba par un nouveau décret, alors que des milliers de Cubains ont défilé vendredi pour dénoncer les menaces d'agression militaire américaine. Le décret, annoncé le 1er mai, durcit les sanctions contre l'île communiste, que Trump considère toujours comme « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis.

Un défilé pour défendre la patrie

À l'occasion du 1er-Mai, un défilé a été organisé face à l'ambassade des États-Unis à La Havane, sous le mot d'ordre « la patrie, on la défend ». Le dirigeant révolutionnaire Raúl Castro, 94 ans, et le président cubain Miguel Diaz-Canel ont participé au rassemblement. Les autorités ont revendiqué un demi-million de participants, un chiffre difficile à vérifier de façon indépendante. Des mobilisations ont également eu lieu dans les principales villes du pays.

« La réponse du peuple a été forte, juste devant l'ambassade des États-Unis », s'est réjouie Lidice Guridis, une employée de 42 ans. Le pouvoir avait convoqué employés d'entreprises d'État, fonctionnaires et membres du Parti communiste cubain à converger dès l'aube vers une esplanade baptisée « tribune anti-impérialiste ».

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Nouvelles sanctions américaines

Les nouvelles sanctions, figurant dans un décret présidentiel, visent à renforcer la pression sur La Havane en pleine crise économique. Elles ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain et imposent des restrictions en matière d'immigration. Trump impose également des sanctions contre des personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l'énergie, des mines et d'autres secteurs de l'île, ainsi que contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l'homme ».

Lors d'un discours, Trump a réitéré sa menace de « prendre le contrôle » de Cuba, suggérant qu'un porte-avions américain pourrait s'y arrêter « sur le chemin du retour d'Iran ».

Réactions cubaines

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a qualifié ces mesures sur X d'« illégales » et « abusives ». « Ce n'est pas un hasard si ces mesures ont été annoncées le 1er mai, le jour même où des millions de Cubains sont descendus dans la rue pour dénoncer le blocus américain et le siège énergétique », a-t-il ajouté. Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington impose depuis janvier à Cuba un blocus pétrolier, n'ayant autorisé depuis lors l'arrivée que d'un seul pétrolier russe.

Une économie sous forte tension

Déjà secouée par une profonde crise économique sous l'effet conjugué du renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat de Donald Trump (2017-2021), des faiblesses structurelles de son économie centralisée et d'une réforme monétaire ratée, l'île de 9,6 millions d'habitants a vu son activité quasiment paralysée depuis fin janvier. Le tourisme, importante source de devises, s'est effondré de moitié depuis le début de l'année, la production de nickel et de cobalt est à l'arrêt, tandis que le secteur du tabac souffre du manque de carburant.

« Face à l'immensité des restrictions qui cherchent à nous étouffer et à nous faire capituler devant des menaces irrationnelles de guerre et de mort, ce 1er-Mai confirme que nous résistons ! », a lancé à la tribune le dirigeant du syndicat des travailleurs de Cuba, Osnay Miguel Colina.

Discussions diplomatiques

Des discussions entre les deux pays ont néanmoins eu lieu le 10 avril à La Havane à un haut niveau diplomatique. À cette occasion, un responsable américain s'est aussi entretenu avec Raúl Castro. Pendant le rassemblement, le pouvoir a affirmé avoir collecté ces dernières semaines plus de 6 millions de signatures de Cubains « pour la patrie et pour la paix », dont une compilation a été remise à Raúl Castro et au président Miguel Diaz-Canel. Des opposants mettent toutefois en doute les conditions de collecte de certaines signatures.

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