Thaïlande : 50 ans de prison pour outrage à la monarchie, une condamnation historique
Thaïlande : 50 ans de prison pour outrage à la monarchie

Une condamnation historique pour outrage à la monarchie en Thaïlande

La justice thaïlandaise a prononcé une peine d'une sévérité exceptionnelle à l'encontre d'un citoyen accusé d'avoir porté atteinte à la famille royale. Phuritikon Sarakul, âgé de 43 ans, vient d'être condamné à un total de cinquante années d'emprisonnement pour des publications considérées comme outrageantes envers la monarchie.

Des messages sur Twitter à l'origine de la condamnation

L'individu était poursuivi pour avoir diffusé, entre les années 2021 et 2022, dix messages faisant référence au roi Maha Vajiralongkorn. Ces publications étaient hébergées sur le compte Twitter militant intitulé « Guillotine Activists for Democracy ». Un tribunal a récemment statué en imposant une peine de trois ans de prison par message, ce qui représente une condamnation initiale de trente années.

Cette sanction s'ajoute à vingt années de détention auxquelles Phuritikon Sarakul avait déjà été condamné en décembre dernier pour d'autres contenus publiés sur les réseaux sociaux. Le jugement a été rendu en l'absence de l'accusé, qui réside actuellement en exil à l'étranger, comme l'a précisé l'organisation Thai Lawyers for Human Rights.

Une application rigoureuse de l'article 112

Selon cette organisation locale de défense des droits humains, il s'agit de l'une des condamnations les plus lourdes jamais prononcées dans une affaire relevant de l'article 112 du code pénal thaïlandais. Cette disposition légale, communément appelée loi sur le crime de lèse-majesté, est régulièrement invoquée pour réprimer les critiques à l'encontre de la monarchie.

Près de trois cents personnes ont été poursuivies depuis l'année 2020 dans le cadre de cette loi, dans un contexte marqué par des manifestations d'ampleur et des critiques sans précédent dirigées contre le roi. De nombreux observateurs et défenseurs des droits humains dénoncent cette législation, qu'ils considèrent comme un instrument utilisé pour étouffer la dissidence et réduire au silence les opposants politiques au sein du royaume.

Des précédents judiciaires sévères

Cette affaire n'est malheureusement pas un cas isolé. En 2024, un vendeur de vêtements âgé de 32 ans avait déjà été condamné à plus de cinquante ans de prison pour des publications sur Facebook jugées insultantes envers la monarchie. Par ailleurs, une ancienne fonctionnaire, condamnée à quarante-trois années d'emprisonnement, a bénéficié d'une libération en août 2025 dans le cadre d'une grâce royale, après avoir passé environ huit années derrière les barreaux.

Ces condamnations successives illustrent la détermination des autorités thaïlandaises à faire respecter la loi sur le crime de lèse-majesté, malgré les critiques internationales concernant son impact sur la liberté d'expression et les droits fondamentaux.