Sénégal : un Français en détention pour « actes contre nature »
Sénégal : un Français en détention pour « actes contre nature »

Un ressortissant français est actuellement incarcéré au Sénégal, accusé d'« actes contre nature », une infraction liée à l'homosexualité dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. L'homme, dont l'identité n'a pas été révélée, a été placé en détention provisoire le 15 mai dernier, selon des sources concordantes.

Une législation répressive

Le Sénégal fait partie des nombreux pays africains où l'homosexualité est criminalisée. Le code pénal sénégalais, dans son article 319, punit les « actes contre nature » d'une peine d'emprisonnement allant d'un à cinq ans et d'une amende. Cette disposition est régulièrement utilisée pour réprimer les relations homosexuelles, même si les arrestations sont souvent suivies de libérations après des pressions diplomatiques ou des procès médiatisés.

Les circonstances de l'arrestation

Selon les informations recueillies, le Français aurait été interpellé à son domicile, dans la banlieue de Dakar, à la suite d'une dénonciation. Les autorités sénégalaises n'ont pas communiqué officiellement sur cette affaire, mais des sources proches du dossier évoquent une « enquête en cours ». L'ambassade de France au Sénégal a confirmé être en contact avec les autorités locales et suivre la situation avec attention.

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Réactions et précédents

Cette arrestation intervient dans un contexte de montée des tensions autour des droits LGBTQ+ au Sénégal. En 2023, plusieurs militants avaient été arrêtés puis relâchés après une mobilisation internationale. Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont dénoncé une « persécution systématique » et appelé à la libération immédiate du Français. De son côté, le gouvernement sénégalais justifie sa législation par la préservation des « valeurs culturelles et religieuses ».

Ce n'est pas la première fois qu'un étranger est visé par cette loi. En 2019, un ressortissant allemand avait été arrêté puis expulsé après une intervention diplomatique. L'issue de cette nouvelle affaire dépendra probablement des pressions exercées par Paris et de la volonté des autorités sénégalaises de faire un exemple.

Les risques encourus

Si le Français est reconnu coupable, il encourt une peine d'emprisonnement ferme, suivie d'une expulsion du territoire. Son avocat, Me Moussa Diop, a annoncé son intention de contester la détention provisoire, estimant que les charges sont « infondées » et que son client est victime d'une « dénonciation calomnieuse ». Une audience sur le maintien en détention est prévue dans les prochains jours.

Cette affaire relance le débat sur l'homophobie d'État au Sénégal et dans la région. Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, comme le Nigeria ou la Gambie, appliquent des lois similaires, parfois avec des peines encore plus lourdes. Les organisations internationales appellent régulièrement ces États à abroger ces dispositions discriminatoires.

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