Fervent défenseur des migrants, le pape Léon XIV a réaffirmé sa position ce vendredi dans les Canaries, au dernier jour de son voyage en Espagne. « Nous sommes tous, d’une certaine manière, des migrants », a-t-il déclaré en français à des migrants présents dans un centre d’accueil sur l’île de Tenerife. L’archipel espagnol des Canaries, situé au large des côtes africaines, est l’une des principales portes d’entrée en Europe pour les migrants en situation irrégulière.
Le pape a estimé que « l’intégration est un chemin réciproque » que doivent emprunter conjointement les sociétés d’accueil et les migrants. Il a appelé ces derniers, sans « effacer (leur) histoire », à « apprendre la langue » du pays d’accueil, « respecter ses lois, connaître ses coutumes », tout en rappelant aux sociétés qui les accueillent leurs « devoirs », notamment celui d’aider autrui à « se sentir partie vivante d’une communauté ».
« L’indifférence » du monde face au sort des migrants
Le pape est attendu pour célébrer une messe en plein air sur le port de Santa Cruz devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles. Il repartira dans l’après-midi vers Rome et doit échanger avec les journalistes à bord de l’avion papal. Jeudi, Léon XIV a dénoncé « l’indifférence » du monde face au sort des migrants lors d’un discours sur l’île voisine de Grande Canarie, sur le port d’Arguineguín, lieu symbolique où plus de 3 000 migrants arrivés en même temps avaient été entassés dans des conditions indignes pendant la pandémie de Covid-19.
Le souverain pontife a, à cette occasion, rendu hommage aux milliers de migrants morts dans la périlleuse traversée de l’Atlantique depuis l’Afrique vers cet archipel situé au large des côtes africaines, en lançant un bouquet de fleurs dans l’océan. Cela a constitué un moment fort de son voyage que son prédécesseur François, le pape argentin mort il y a un an, n’avait pas pu réaliser. Face à la mer, Léon XIV a appelé les pays d’origine de ces migrants à adopter « des politiques qui permettent à chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre » et interpellé directement l’Europe « qui ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ».
« La dignité humaine ne perd pas de sa valeur lorsqu’elle franchit une frontière »
« La dignité humaine n’a pas de passeport et ne perd pas de sa valeur lorsqu’elle franchit une frontière », a alors déclaré le souverain pontife. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 172 migrants sont décédés ou ont disparu sur cette route maritime en 2025. Près de 18 000 autres sont arrivés aux Canaries à bord d’embarcations de fortune l’an passé, d’après le ministère espagnol de l’Intérieur, loin toutefois des près de 50 000 entrées irrégulières de 2024. Avant les Canaries, Léon XIV s’était rendu à Madrid et Barcelone au cours de son voyage en Espagne entamé samedi dernier dans une atmosphère de célébration et de ferveur religieuse.



