Alors que le Liban s'enfonce dans une crise économique et politique sans précédent, un collectif d'intellectuels et de personnalités publiques lance un cri d'alarme dans une tribune publiée par Libération. Ils dénoncent l'indifférence générale qui entoure la déliquescence du pays du Cèdre et appellent à une mobilisation urgente pour éviter son abandon pur et simple.
Un pays au bord du gouffre
Depuis 2019, le Liban traverse une crise multiforme : effondrement de la monnaie nationale, inflation galopante, pénuries de carburant et de médicaments, effondrement des services publics. Selon la Banque mondiale, cette crise figure parmi les trois plus graves au monde depuis 1850. Le taux de pauvreté a explosé, touchant plus de 80 % de la population. Les signataires de la tribune rappellent que « le Liban est abandonné à son sort, tandis que la communauté internationale détourne le regard ».
Un appel à la responsabilité collective
La tribune, intitulée « Au milieu de l'indifférence générale, non à l'abandon du Liban », est signée par une centaine de personnalités, dont des écrivains, des universitaires, des artistes et des anciens diplomates. Ils interpellent les gouvernements étrangers, les organisations internationales et l'opinion publique pour qu'ils ne laissent pas le Liban sombrer. « Il est encore temps d'agir, mais il faut une volonté politique forte et une solidarité internationale à la hauteur de la catastrophe », écrivent-ils.
Les conséquences de l'inaction
L'inaction internationale a des conséquences dramatiques. Le pays est en proie à une émigration massive, notamment de sa jeunesse diplômée. Selon les auteurs de la tribune, « le Liban se vide de ses forces vives, et ceux qui restent vivent dans une précarité extrême ». Ils pointent également du doigt la responsabilité des élites politiques locales, mais estiment que la communauté internationale ne peut se dédouaner de son devoir d'assistance.
Des mesures concrètes attendues
Les signataires appellent à des mesures concrètes : déblocage d'une aide humanitaire d'urgence, soutien à la reconstruction des infrastructures essentielles, et pression sur les dirigeants libanais pour qu'ils mettent en œuvre les réformes nécessaires. Ils insistent sur le fait que « l'abandon du Liban serait une faute morale et politique grave », et que le coût de l'inaction serait bien plus élevé que celui d'une intervention résolue.
Un contexte d'indifférence
La tribune s'inscrit dans un contexte où l'attention internationale est accaparée par d'autres crises, notamment la guerre en Ukraine. Les auteurs déplorent que « le drame libanais soit relégué au second plan, comme s'il était inévitable ou sans solution ». Ils appellent à un sursaut de conscience et à une solidarité agissante.
En conclusion, cet appel est un ultime avertissement : sans une action rapide et coordonnée, le Liban pourrait disparaître en tant qu'État viable, avec des répercussions désastreuses pour toute la région. Comme le souligne la tribune : « L'histoire jugera notre capacité à ne pas abandonner un peuple qui a tant donné à la civilisation. »



