Un constat alarmant sur l'inadaptation des logements
Le réchauffement climatique impose une transformation radicale du parc immobilier français. Selon un rapport publié par le Conseil supérieur de la construction et de l'efficacité énergétique (CSCEE), 80 % des logements existants ne sont pas adaptés aux canicules à venir. Les experts estiment que les outils actuels, comme les normes thermiques réglementaires, sont insuffisants pour répondre à l'ampleur du défi.
Des outils du passé inadaptés
« On ne peut pas relever le défi de l'adaptation des logements avec les outils du passé », déclare Jean-Marc Jancovici, président du CSCEE. Les règles actuelles, conçues pour réduire la consommation énergétique en hiver, ne tiennent pas compte des besoins croissants de rafraîchissement en été. Une réforme en profondeur est nécessaire pour intégrer les enjeux de confort d'été et de résilience face aux épisodes de chaleur extrême.
Des mesures concrètes proposées
Le rapport préconise plusieurs actions : généraliser les protections solaires, améliorer l'isolation des toitures, et développer des systèmes de ventilation naturelle. Il recommande également de réviser la réglementation thermique (RT 2020) pour imposer des critères de performance en été. Selon les estimations, 15 millions de logements devraient être rénovés d'ici 2050 pour atteindre ces objectifs.
Un coût élevé mais nécessaire
Le coût total de ces rénovations est estimé entre 100 et 150 milliards d'euros, soit environ 10 000 euros par logement en moyenne. Cependant, le rapport souligne que l'inaction coûterait bien plus cher, avec une augmentation des dépenses de santé et une baisse de la productivité liée aux vagues de chaleur. « Investir dans l'adaptation est un impératif économique et social », conclut Jancovici.



