Dans une tribune publiée dans Libération, Giulia Fois, doctorante en sociologie, analyse la place des hommes dans les mobilisations contre les violences sexuelles. Elle constate que leur absence est encore trop marquée, ce qui nuit à l'efficacité du mouvement.
Un constat alarmant
Giulia Fois rappelle que les violences sexuelles sont un problème de société qui concerne tout le monde, y compris les hommes. Pourtant, lors des rassemblements et des actions de sensibilisation, la présence masculine reste minoritaire. Cette absence, selon elle, renforce l'idée que la lutte contre ces violences est une affaire de femmes, alors qu'elle devrait être l'affaire de tous.
Les raisons de cette absence
Plusieurs facteurs expliquent ce désengagement. D'une part, les hommes peuvent se sentir moins concernés ou craindre d'être stigmatisés. D'autre part, le mouvement féministe a parfois du mal à inclure les hommes, par peur de voir leur parole confisquée. Giulia Fois souligne également que la socialisation masculine, qui valorise la force et le contrôle, peut rendre difficile la remise en question des privilèges.
Un appel à l'action
Pour la sociologue, il est urgent que les hommes s'impliquent davantage, non seulement en participant aux manifestations, mais aussi en dénonçant les comportements sexistes au quotidien. Elle propose des pistes concrètes :
- Éduquer les garçons dès le plus jeune âge au respect et au consentement.
- Créer des espaces de parole où les hommes peuvent échanger sans jugement.
- Encourager les hommes à être des alliés actifs dans les luttes féministes.
Giulia Fois conclut en rappelant que la lutte contre les violences sexuelles ne pourra aboutir sans une mobilisation massive des hommes. Le silence et l'absence ne sont plus une option.



