Masculinisme : un rapport du Sénat appelle à endiguer le phénomène
Masculinisme : un rapport sénatorial alerte sur le phénomène

Le Sénat a rendu public, le 24 juin 2025, un rapport accablant sur le masculinisme en France. Intitulé « Masculinisme : entre désinformation et haine en ligne, comment endiguer le phénomène ? », ce document de 150 pages alerte sur la progression rapide de cette idéologie, notamment chez les jeunes hommes. La rapporteure, la sénatrice écologiste Laurence Rossignol, y dresse un constat sans appel : le masculinisme n'est plus une mouvance marginale, mais un courant structuré qui infiltre les réseaux sociaux, les écoles et même les sphères politiques.

Un phénomène en pleine expansion

Selon le rapport, le nombre de contenus masculinistes sur les plateformes numériques a augmenté de 350 % entre 2020 et 2024. Les influenceurs les plus radicaux cumulent des millions d'abonnés, diffusant des discours de haine anti-femmes, niant les violences conjugales et prônant un retour à un patriarcat violent. Laurence Rossignol souligne : « Ces discours ne restent pas confinés à l'écran. Ils se traduisent par une hausse des violences conjugales et des féminicides, avec 145 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, soit une augmentation de 12 % par rapport à l'année précédente. »

Les jeunes, cibles privilégiées

Le rapport pointe particulièrement la vulnérabilité des adolescents et jeunes adultes masculins. Une enquête Ifop réalisée pour le Sénat montre que 28 % des hommes de 18-30 ans estiment que « les femmes ont trop de droits » et que 34 % d'entre eux adhèrent à au moins une idée masculiniste, comme la remise en cause de l'égalité salariale ou la légitimation de la violence en cas de conflit conjugal. Ces chiffres inquiètent les sénateurs, qui appellent à une action urgente dans le domaine de l'éducation.

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30 mesures pour enrayer la mécanique

Le rapport propose 30 mesures concrètes, réparties en cinq axes : prévention, éducation, régulation du numérique, soutien aux associations et sanction des auteurs. Parmi les mesures phares : l'interdiction des comptes masculinistes sur les réseaux sociaux, la création d'un observatoire national du masculinisme, et l'introduction d'un module obligatoire sur l'égalité femmes-hommes dans les programmes scolaires de la sixième à la terminale. Laurence Rossignol insiste : « Il ne s'agit pas de censure, mais de protéger les jeunes d'une idéologie qui les enferme dans un modèle toxique et les pousse à la violence. »

Un appel à la responsabilité collective

Au-delà des mesures techniques, le rapport en appelle à une prise de conscience collective. « Le masculinisme prospère sur le terreau des inégalités persistantes et des stéréotypes de genre », explique la sénatrice. « Le combattre, c'est aussi promouvoir une société plus égalitaire, où les hommes peuvent exprimer leurs émotions sans craindre de perdre leur virilité. » Le rapport sera présenté le 1er juillet 2025 au gouvernement, qui devra se positionner sur les recommandations.

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