Double féminicide au Portugal : le périple criminel de Cédric Prizzon
Le 15 mars 2026, le corps sans vie de deux femmes a été découvert dans un appartement de Lisbonne, au Portugal. L'auteur présumé, Cédric Prizzon, un homme de 42 ans originaire de la région parisienne, s'est donné la mort après les faits. Cette affaire, qualifiée de double féminicide, a mis en lumière les lacunes du système judiciaire français et portugais dans le suivi des auteurs de violences conjugales.
Selon les premiers éléments de l'enquête, Cédric Prizzon était connu des services de police pour des antécédents de violences conjugales. Il avait été condamné en France en 2023 pour des faits similaires, mais avait bénéficié d'un aménagement de peine. Malgré un bracelet électronique, il avait réussi à quitter le territoire français pour se rendre au Portugal, où il a retrouvé ses deux victimes, âgées de 34 et 38 ans.
Un périple criminel minutieusement préparé
Les investigations révèlent que Prizzon avait planifié son voyage plusieurs semaines à l'avance. Il avait acheté un billet d'avion sous un faux nom et utilisé des moyens de paiement anonymes pour éviter d'être localisé. Une fois au Portugal, il a loué un appartement dans un quartier résidentiel de Lisbonne, où il a attiré ses victimes sous prétexte d'une réconciliation.
Les deux femmes, qui avaient porté plainte contre lui par le passé, avaient obtenu une ordonnance de protection. Cependant, celle-ci n'était pas valable au Portugal, ce qui a permis à Prizzon d'approcher ses victimes sans entrave. Les autorités portugaises n'avaient pas été informées de la présence de cet homme dangereux sur leur territoire.
Les failles du suivi judiciaire
Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la coopération entre les États membres de l'Union européenne en matière de protection des victimes de violences conjugales. Malgré l'existence d'un mandat d'arrêt européen, les délais d'exécution et le manque de partage d'informations ont permis à Prizzon d'agir.
En France, le parquet avait requis un placement en détention provisoire, mais le juge des libertés et de la détention avait opté pour un contrôle judiciaire renforcé. Ce dernier incluait une interdiction de quitter le territoire, mais sans surveillance effective. Prizzon a pu franchir la frontière espagnole en voiture avant de prendre un vol pour Lisbonne.
Réactions et mesures annoncées
Le gouvernement français a annoncé la création d'une cellule d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur les circonstances de ce drame. La ministre de la Justice a promis de renforcer les contrôles des personnes sous bracelet électronique et d'améliorer les échanges d'informations avec les autres pays européens.
De son côté, le Portugal a exprimé sa consternation et a promis de coopérer pleinement à l'enquête. Les autorités portugaises ont également annoncé la mise en place d'un registre national des auteurs de violences conjugales, accessible aux forces de l'ordre.
Ce double féminicide rappelle l'urgence de mieux protéger les femmes victimes de violences, en particulier lorsqu'elles sont en situation de vulnérabilité face à des conjoints violents et déterminés. Les associations féministes dénoncent une nouvelle fois l'inefficacité des mesures de protection et appellent à une prise de conscience collective.



