S'il y a un diplomate bien informé sur la menace nucléaire iranienne, c'est bien lui : Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France et ex-directeur des affaires stratégiques au sein du ministère des Affaires étrangères où il a travaillé sur les questions de non-prolifération. Pour lui, aucun doute : "celle-ci est repoussée à des décennies." Un optimisme qui fait écho au ton euphorique de Benyamin Netanyahou et de Donald Trump, pour qui le programme nucléaire iranien - lancé dans les années 1950 sous le Chah avec l’appui des États-Unis -, a été neutralisé.
Au point d'en conclure que l’Iran n'est plus une "puissance du seuil", c’est-à-dire un Etat capable de fabriquer une arme atomique ? "C’est du bullshit !, réfute James M. Acton, codirecteur du programme de politique nucléaire de la Fondation Carnegie pour la paix internationale. Il est vrai qu'il faudrait une décennie, voire deux, à l'Iran pour reconstruire un programme nucléaire d'une ampleur comparable. Mais avant cela, Téhéran pourrait fabriquer une bombe avec un programme nucléaire bien plus modeste".
Un optimisme contesté
L'ambassadeur israélien s'appuie sur les destructions subies par le programme iranien, mais James M. Acton rappelle que l'Iran conserve un savoir-faire nucléaire et des installations clandestines potentielles. Selon lui, le risque d'une bombe iranienne reste élevé à court terme, même si une arme sophistiquée nécessiterait plus de temps.
Les enjeux diplomatiques
Cette divergence d'analyse intervient alors que les négociations sur le nucléaire iranien sont au point mort. Les États-Unis et Israël affichent une position ferme, tandis que l'Iran continue d'enrichir de l'uranium. La communauté internationale reste divisée sur la meilleure stratégie à adopter.
En conclusion, si la menace d'un Iran doté de l'arme nucléaire semble s'éloigner pour certains, d'autres experts mettent en garde contre un optimisme excessif. Le débat reste ouvert, et les prochains mois seront décisifs pour l'avenir de la non-prolifération au Moyen-Orient.



