Au moins sept personnes ont été victimes d'un guet-apens via l'application de rencontre homosexuelle Grindr, dans le secteur de Blaye. Les agresseurs, sept mineurs âgés de 14 à 17 ans, ont été présentés au parquet de Libourne ce mercredi 29 avril au matin, a confirmé le procureur de la République Loïs Raschel.
Des investigations minutieuses
Cette procédure intervient au terme d'enquêtes minutieuses menées par les gendarmes de la brigade de Recherche de Blaye. Les suspects sont accusés d'avoir tendu un guet-apens à leurs victimes via de faux profils sur Grindr, et de les avoir rouées de coups. Les faits se sont déroulés début mars.
Un mode opératoire rodé
Les agresseurs suivaient un mode opératoire bien établi : un rendez-vous fixé pour une rencontre sexuelle se transformait en embuscade. Plusieurs individus vêtus de noir, partiellement masqués et armés de barres de fer, agressaient leur victime, s'en prenant parfois aussi à leur véhicule.
Les gendarmes ont rapidement identifié quatre mineurs, âgés de 14 à 16 ans, placés en garde à vue le 11 mars. L'exploitation de leurs téléphones a permis d'approfondir l'enquête. Les jeunes gens, tous originaires du Blayais, se filmaient durant l'agression et partageaient leurs vidéos via WhatsApp.
Sept victimes identifiées
Les premiers mineurs entendus auraient déclaré avoir voulu s'en prendre à des pédocriminels, faisant l'amalgame entre homosexualité et pédocriminalité. Ces agressions ont eu lieu notamment à Saint-Ciers-sur-Gironde, Bourg-sur-Gironde, Saint-Martin-Lacaussade et Blaye. Sept victimes ont été identifiées, mais d'autres pourraient encore se manifester auprès de la justice.
L'affaire a suscité une vive émotion dans le Blayais. La communauté homosexuelle a tiré la sonnette d'alarme, tandis que les associations, les élus et les candidats aux élections municipales ont condamné ces violences inacceptables. L'ancien maire Denis Baldès, encore en poste, a manifesté son « soutien sans faille » en faisant hisser un drapeau aux couleurs LGBT à l'entrée de la citadelle.



