Pression, intimidation, violence : les mouvements anti-genre constituent une menace croissante pour les droits des femmes et des personnes LGBT+ à l’échelle mondiale et notamment en France, alerte Amnesty International dans un rapport publié ce jeudi 25 juin 2026.
Un réseau transnational structuré
Selon l’ONG, depuis le début des années 2010, les mouvements anti-genre se sont structurés jusqu’à devenir un réseau largement financé et transnational, partageant un objectif commun : la remise en cause des droits sexuels et reproductifs, l’égalité de genre et les droits des personnes LGBT+. « La France n’est pas du tout hermétique à ces stratégies en cours, voire est une cible assez privilégiée », insiste Lola Schulmann, chargée de plaidoyer Justice de genre à Amnesty International et rédactrice du rapport.
La France, deuxième pays européen en financements anti-genre
Selon le Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs, cité par Amnesty, la France est même le deuxième pays européen en termes de fonds dédiés à l’activisme anti-genre. L’enquête d’Amnesty International identifie « des acteurs privés, groupes politiques et institutions permettant à de plus petites structures et associations du mouvement anti-genre d’exister » en les finançant. L’organisation cite notamment le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, la Fondation Lejeune ou encore « Parents Vigilants et Némésis, étroitement liées aux partis politiques Reconquête et Rassemblement National ».
Une menace pour la protection de l’enfance
Selon la rédactrice du rapport, ces groupes présentent le genre comme une « idéologie » ou comme « une menace pour la protection de l’enfance », y opposant les valeurs familiales traditionnelles, en utilisant les réseaux sociaux pour diffuser ces idées. Amnesty remarque aussi « une baisse très importante des subventions accordées aux associations qui défendent les droits des femmes et des personnes LGBT+ » et des actes d’intimidation contre des associations ou des structures de santé ou des centres LGBTQ+ dans plusieurs villes françaises.
Contexte international
La Hongrie, la Russie, l’Ouganda ou encore le Sénégal sont cités dans ce rapport pour leurs atteintes aux droits des femmes et des personnes LGBT+, « avec les États-Unis comme moteur », précise Lola Schulmann. « On voit combien les États-Unis sont un terreau, en tout cas un espace d’expérimentation et d’inspiration pour les mouvements anti-genre aujourd’hui », souligne la chargée de plaidoyer Justice de genre, pour qui « le deuxième mandat de Donald Trump a montré immédiatement des attaques au droit notamment des personnes transexuelles et au droit des femmes sur la question de l’avortement ».
Des résistances existent
Face à cette dynamique, Amnesty souligne l’existence de résistances en France et à l’international, avec des mobilisations citoyennes et des avancées législatives comme la constitutionnalisation de l’IVG en France ou la reconnaissance du mariage pour tous en Thaïlande.



