Agression raciste à Espaly-Saint-Marcel : une seconde enquête ouverte
Agression raciste : seconde enquête à Espaly-Saint-Marcel

L'émotion ne retombe pas à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire, après l'agression d'enfants par un homme de 65 ans armé d'une carabine à plombs. L'enquête initiale, critiquée pour ne pas avoir retenu le caractère raciste des violences, a été élargie sous la pression des victimes et de l'association SOS Racisme. Une seconde plainte a été déposée, et un rassemblement contre le racisme se tient ce samedi 25 avril.

Les faits

Dimanche 19 avril, Reda, 10 ans, joue au ballon près d'un immeuble du quartier de l'Arbousset. Il aperçoit un voisin avec une carabine à plombs et lui demande ce qu'il fait. « C'est mon droit de l'avoir et si vous me faites chier, je vous tire dessus », répond l'homme de 65 ans. Reda s'enfuit vers ses amis ; le voisin vise et tire. Le projectile frôle l'enfant. Interpellé, le sexagénaire affirme avoir tiré en l'air « pour faire peur ».

Des insultes racistes omises

Au lendemain de l'ouverture de l'enquête pour violences avec arme, Nourédine Ezbiti, le père du jeune Reda, constate que les insultes racistes proférées par le tireur (« dehors sales arabes », « sale nègre ») ne figurent pas dans le procès-verbal initial. Après un premier refus du commissariat de modifier sa déposition, les enquêteurs le rappellent finalement pour acter ce complément essentiel. Cette démarche contraint le parquet à ouvrir une seconde enquête pour « injure publique à caractère racial ».

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Le rôle de SOS Racisme

L'association SOS Racisme a joué un rôle moteur dans cette requalification. Venue sur place, l'organisation a fustigé une enquête « très bâclée » et une certaine « inertie institutionnelle ». Sacha Halgand, membre du bureau national, dénonce le sentiment pour les victimes d'être traitées comme des « citoyens de seconde zone » face à l'inaction initiale des pouvoirs publics.

Une seconde plainte et un rassemblement

L'association a interpellé directement le procureur de la République et la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, refusant toute minoration des faits alors que le mis en cause revendiquerait son racisme sur des enregistrements vidéo. Une voisine a également déposé plainte ce jeudi, évoquant un harcèlement discriminatoire subi depuis deux ans, vidéos à l'appui. Face à ce qu'ils nomment « le poison du racisme », les habitants et les collectifs appellent à une réponse forte. Un rassemblement est organisé ce samedi 25 avril à 14 h 30, place René-Cassin, au cœur même du quartier de l'Arbousset. Les familles, épaulées par SOS Racisme, entendent former une « digue contre la haine » et exigent que la justice prenne toute la mesure du traumatisme subi par les enfants.

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