Guerre en Ukraine : Zelensky contraint de négocier, mais les divergences persistent
Ce 24 novembre 2025, Volodymyr Zelensky a annoncé qu’il allait poursuivre les négociations avec les États-Unis et les responsables européens en vue d’un accord avec la Russie. Face au plan en 28 mesures de Washington, il sait qu’il n’a pas le choix. Il devra composer avec Donald Trump et ses négociateurs.
Volodymyr Zelensky a annoncé, lundi, que Kiev allait poursuivre ses discussions avec ses alliés en vue d’un accord de paix avec la Russie. « Nous continuons tous à travailler avec nos partenaires, en particulier les États-Unis, afin de trouver des compromis qui vont nous renforcer et non nous affaiblir », a-t-il souligné, pointant implicitement les carences du plan Trump. « De toute façon, Volodymyr Zelensky ne peut pas faire autrement que de négocier, parce qu’il ne peut pas tout accepter et il ne peut pas tourner le dos à son homologue américain », résume l’universitaire montpelliéraine Carole Grimaud, fondatrice du Center for Russia and Eastern Europe Research.
Des « progrès » à Genève
À l’issue de discussions, dimanche, à Genève, les États-Unis et l’Ukraine disent avoir élaboré une « nouvelle version, améliorée, du plan de paix », affirmant qu’un « futur accord devra pleinement respecter la souveraineté » de Kiev. Les États-Unis tiennent compte des « réserves » ukrainiennes, se félicite le ministère des Affaires étrangères ukrainien, tandis que le président américain, Donald Trump, fait état lui aussi, de « progrès ». Mais la Russie doit également rejoindre « la table » des négociations, a souligné, lundi, le chancelier allemand Friedrich Merz, et le plan devra être validé par les Européens.
Le secrétaire d’État Marco Rubio, qui a mené les discussions de Genève, est reparti pour Washington dimanche soir en laissant entendre que la date butoir de jeudi fixée par le président américain pour l’acceptation de son plan pourrait évoluer. Selon le Financial Times, les États-Unis et l’Ukraine ont rédigé, pour l’heure, un nouveau projet d’accord en 19 points, mais ont laissé les éléments les plus sensibles sur le plan politique à la décision des présidents des deux pays qui pourraient se rencontrer prochainement.
Les lignes rouges de Kiev
Le président du Parlement ukrainien, Rouslan Stefantchouk, a assuré, lundi, que les lignes rouges de Kiev n’avaient pas changé : pas de reconnaissance officielle des territoires occupés par la Russie, pas de limite de taille pour les forces armées ukrainiennes, pas de restrictions sur de futures alliances et adhésions de l’Ukraine (Otan, UE). Soit à peu près l’inverse de ce que prévoit le plan originel de Trump.
Les principaux alliés européens de Kiev ont fait bloc, lundi, pour défendre ce principe de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son droit à décider elle-même de la taille de son armée. Avançant des contre-propositions en ce sens… Immédiatement rejetées par le Kremlin. « Le plan européen, à première vue, est totalement contre-productif et ne nous convient pas », a réagi, lundi, Iouri Ouchakov, conseiller du président Vladimir Poutine, qui a, en revanche, jugé « tout à fait acceptables » de nombreuses dispositions du plan américain initial. Et pour cause : celles-ci semblent directement inspirées des revendications de Moscou.
Un premier plan concret, mais insuffisant
« La paix n’est pas pour demain, note Carole Grimaud, mais c’est le premier plan concret, même s’il a été soufflé par les Russes, et les négociations n’ont pas traîné, ils essaient de résoudre les points d’achoppement, c’est bon signe. » Mais une « paix réelle » nécessite « plus, beaucoup plus », a souligné, lundi, M. Zelensky. Pour de nombreux Ukrainiens, y compris des soldats qui se battent en première ligne, les conditions posées jusqu’ici par Moscou équivaudraient à une capitulation après près de quatre ans de combats dans le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette validation de l’usage de la force pour conquérir de nouveaux territoires serait également un dangereux signal envoyé à Moscou qui multiplie les provocations en Europe. Mais aussi à la Chine qui n’exclut pas de lancer son armée sur Taïwan pour en prendre le contrôle.



