Ukraine : élections conditionnées à la sécurité, prêt européen approuvé et frappes russes meurtrières
Ukraine : élections sous condition, prêt UE et frappes russes

La sécurité, condition indispensable pour des élections en Ukraine

Un haut responsable ukrainien a déclaré à l'Agence France-Presse que les élections présidentielles ne pourront être organisées que lorsque la situation sécuritaire le permettra. « Les élections doivent avoir lieu dès que possible, mais pas avant que la situation sécuritaire le permette », a-t-il affirmé, réagissant aux informations du Financial Times selon lesquelles Kiev envisageait un scrutin avant la mi-mai.

Ce responsable, qui s'est exprimé anonymement, a ajouté : « Pour l'instant, la terreur russe se poursuit et rien n'indique que la Russie soit intéressée à mettre fin à la guerre ». Cette déclaration intervient alors que le président Volodymyr Zelensky devrait annoncer le 24 février, date du quatrième anniversaire de l'invasion russe, son intention d'organiser une élection présidentielle et un référendum sur un accord de paix.

Le Parlement européen approuve un prêt massif de soutien

Dans un geste de soutien significatif, le Parlement européen a approuvé mercredi un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine pour la période 2026-2027. Ce financement, adopté avec 458 voix pour, 140 contre et 44 abstentions, vise notamment à :

  • Acheter des équipements militaires et investir dans des capacités industrielles de défense (60 milliards d'euros)
  • Couverture des besoins budgétaires ukrainiens sous conditions de réformes (30 milliards d'euros)

Le montage financier prévoit que l'Ukraine ne remboursera l'UE que lorsque la Russie lui aura versé des réparations de guerre, une fois le conflit terminé. Les premiers versements pourraient intervenir dès avril 2026.

Opposition française et réactions politiques

Le vote a suscité des divisions politiques, notamment en France où Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a voté contre ce prêt. Son groupe, les Patriotes pour l'Europe, critique le « montage » financier et estime que la période du prêt n'est pas assez circonscrite par rapport aux négociations en cours entre Kiev et Moscou.

Cette position a provoqué des réactions vives, avec le social-démocrate Raphaël Glucksmann accusant le RN d'« agir en relais de Poutine » et Pascal Canfin (Renew) déclarant sur les réseaux sociaux : « Voter Bardella, c'est voter Poutine ! ».

Escalade des violences et victimes civiles

Sur le terrain, la situation sécuritaire reste extrêmement précaire. Une frappe russe sur l'oblast de Kharkiv a tué trois jeunes enfants ainsi qu'un adulte, selon le chef de l'administration militaire locale, Oleh Synehoubov. Dans l'oblast de Soumy, deux personnes ont été tuées et neuf autres blessées, dont quatre enfants, lors de frappes menées ces dernières vingt-quatre heures.

Le président Zelensky a réagi fermement à ces attaques : « Tant que la pression exercée sur l'agresseur ne sera pas suffisante et que notre sécurité ne sera pas garantie, rien ne fonctionnera ». Il a ajouté que l'armée russe « se prépare à poursuivre les combats » plutôt qu'à s'arrêter.

Conséquences sur les infrastructures et la vie quotidienne

Les frappes russes continuent de cibler les infrastructures critiques :

  1. Des coupures de courant affectent les oblasts de Zaporijia, Kharkiv et Dnipropetrovsk
  2. Une gare ferroviaire dans la région de Dnipropetrovsk a été endommagée par une attaque
  3. Des alertes aériennes ont été émises sur l'ensemble du territoire ukrainien

À Kiev, des initiatives citoyennes se multiplient pour faire face aux privations, comme l'installation de saunas secs pour les personnes privées de chauffage et d'électricité.

Développements diplomatiques et sportifs

Sur le front diplomatique, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré que Moscou continuerait d'observer les limites imposées à son arsenal nucléaire malgré l'expiration du traité New Start, à condition que les États-Unis fassent de même.

Dans le domaine sportif, le Comité international olympique cherche à « convaincre » le porte-drapeau ukrainien Vladyslav Heraskevych de renoncer à porter un casque honorant des coéquipiers victimes de l'invasion russe lors des JO de Milan-Cortina, sans brandir immédiatement la menace de disqualification.

Alors que la guerre entre dans sa quatrième année, la communauté internationale reste divisée sur les moyens de soutenir l'Ukraine tandis que la population civile continue de payer le prix le plus lourd de ce conflit qui semble loin de trouver une issue.