Donald Trump a affirmé que les États-Unis signeraient dimanche un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, prévoyant la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz. Cette information n'est pas confirmée par Téhéran à ce stade.
Des progrès mais des divergences persistantes
À l'issue d'une semaine marquée par de nouvelles attaques entre la République islamique, les États-Unis et Israël, les deux pays indiquent avoir réalisé d'importants progrès vers un compromis. Cependant, les informations qui ont filtré sur ce possible accord initial présentent encore des divergences, et le calendrier reste incertain. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue le rôle de médiateur, a indiqué samedi s'attendre à une « finalisation » dans les prochaines 24 heures, avec une « signature électronique » avant des discussions techniques la semaine prochaine.
Le président américain, qui a déjà annoncé à plusieurs reprises un accord imminent sans suite, a assuré que la signature était prévue pour dimanche, jour de ses 80 ans. « Dès qu'il aura été signé, le détroit d'Ormuz sera OUVERT À TOUS », a-t-il écrit sur Truth Social, ajoutant que les Iraniens « ne voulaient plus d'arme nucléaire ».
Position iranienne et médiation qatarie
La diplomatie iranienne a évoqué samedi un accord dans « les prochains jours » mais pas dimanche, selon l'agence Irna. Une délégation du Qatar, autre médiateur, est arrivée dimanche à Téhéran pour « examiner les derniers développements liés au processus diplomatique », selon l'agence Tasnim. Certaines concessions ont suscité l'hostilité de dirigeants conservateurs iraniens ; une vidéo de manifestants scandant des slogans contre le ministre des Affaires étrangères a été diffusée samedi soir.
Enjeux : uranium, sanctions et Liban
Sous pression intérieure pour sortir d'un conflit impopulaire, Donald Trump sera confronté aux dirigeants des grandes puissances au sommet du G7 en France de lundi à mercredi, où le conflit déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février dominera les débats. La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Depuis un cessez-le-feu le 8 avril, Washington et Téhéran cherchent un accord, butant sur le programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit d'Ormuz, la levée des sanctions et l'inclusion du Liban. Selon le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, le texte discuté prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit. L'agence Mehr a publié une ébauche de protocole en 14 points comprenant le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage de 24 milliards de dollars de fonds gelés.
Trump a déclaré que les Iraniens « ne veulent plus d'arme nucléaire » et que les États-Unis iront « récupérer la poussière nucléaire, enfouie profondément » pour la diluer et la détruire. Un haut responsable américain a indiqué que le Liban est inclus dans l'accord, comme réclamé par Téhéran. Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars quand le Hezbollah a visé Israël en soutien à l'Iran. L'armée israélienne a annoncé dimanche que deux drones tirés depuis le Liban ont touché le territoire israélien sans faire de victime. Deux ministres d'extrême droite ont appelé à riposter en visant la banlieue sud de Beyrouth. L'armée a émis des ordres d'évacuation pour une trentaine de villages du sud du Liban avant des frappes contre le Hezbollah. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3 700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.



