Trois personnes ont perdu la vie ce dimanche 14 juin lors de frappes israéliennes ciblant la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, un bastion du Hezbollah pro-iranien. Cette attaque, que l'Iran a promis de punir, risque de compromettre les négociations de paix en cours avec les États-Unis.
Des frappes en riposte aux tirs du Hezbollah
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé dimanche des frappes "dans le quartier de la Dahiyé, à Beyrouth […] en réponse aux tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien". Il a ajouté qu'Israël "ne tolèrerait aucune attaque sur son territoire". Le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques contre des soldats israéliens dans le sud du Liban, mais sans mentionner de tirs vers le nord d'Israël.
L'armée israélienne a précisé avoir mené une frappe de précision sur un centre de commandement du mouvement chiite pro-iranien. Selon l'agence nationale d'information libanaise (Ani), les bombardements ont touché le secteur de Ghobeiry. Un correspondant de l'AFP a observé de la fumée et de la poussière s'élever près d'un appartement endommagé, tandis que des débris recouvraient la rue commerçante où des habitants fouillaient les décombres dans un climat de panique.
Un bilan humain lourd
Trois corps ont été extraits des décombres, et six blessés ont été hospitalisés, selon la défense civile libanaise. Le général Mohammad-Jafar Assadi, vice-responsable du commandement interarmées iranien, a réagi en déclarant : "Il ne fait aucun doute que ces crimes ne resteront pas impunis." Israël a affirmé se préparer à une attaque "potentielle" sur son territoire.
Les négociations de paix compromises
Donald Trump avait affirmé samedi 13 juin qu'un accord avec Téhéran devait être signé ce dimanche. Cependant, ces frappes, les deuxièmes en une semaine, fragilisent la situation. L'Iran avait prévenu que viser la capitale libanaise constituait une ligne rouge. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé les États-Unis de ne pas respecter leurs engagements, compromettant les pourparlers. L'Iran conditionne tout accord à un cessez-le-feu complet incluant le Liban.
Netanyahu avait averti début juin que son pays frapperait Beyrouth si le Hezbollah ciblait les localités du nord d'Israël, invoquant le soutien de Washington. Plus tôt dimanche, deux ministres israéliens d'extrême droite avaient appelé à des frappes de représailles sur la banlieue sud de Beyrouth.
D'autres localités ciblées
L'agence Ani a rapporté des frappes israéliennes sur plus d'une vingtaine de localités, dont la ville de Nabatiyé dans le sud du pays, avant et après des appels israéliens à évacuer une trentaine de localités. Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, lorsque le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne son voisin, affirmant vouloir "éliminer" le Hezbollah, qui cible ses positions et son territoire. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3 700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.



