À Srifa, le coût insurmontable de la guerre contre Israël
Srifa : le coût insurmontable de la guerre contre Israël

Dans le village de Srifa, situé dans le sud du Liban, les stigmates de la guerre contre Israël sont profonds. Selon un rapport municipal, 80% des bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés lors des frappes aériennes et des tirs d'artillerie. Le maire, Hassan Khalil, estime que le coût de reconstruction s'élève à 50 millions de dollars, une somme insurmontable pour cette communauté agricole de 12 000 habitants.

Des destructions sans précédent

Les dégâts à Srifa dépassent largement ceux de la guerre de 2024, qui avait déjà laissé des cicatrices. Les frappes ont ciblé des infrastructures clés : l'école publique, le centre de santé, la mosquée, ainsi que des dizaines de maisons et de commerces. « Les destructions sont sans commune mesure avec celles de la guerre de 2024 », déclare le maire Khalil, ajoutant que le village a perdu 90% de son réseau électrique et 70% de son réseau d'eau potable.

Un impact économique dévastateur

L'économie locale, déjà fragilisée par la crise financière libanaise, est anéantie. Les oliveraies et les champs de tabac, principales sources de revenus, ont été brûlés ou minés. « Nous avons perdu trois récoltes consécutives », explique Ali Fares, un agriculteur de 45 ans. Selon la municipalité, le chômage atteint désormais 85% dans le village. Les habitants survivent grâce à l'aide humanitaire du Programme alimentaire mondial, qui distribue des repas à 3 000 familles.

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Une reconstruction entravée par le manque de fonds

Le gouvernement libanais, en proie à une crise politique et économique, n'a alloué que 2 millions de dollars pour la reconstruction de Srifa. Le maire lance un appel à la communauté internationale : « Nous avons besoin d'un plan Marshall pour le sud du Liban. Sans aide extérieure, nous ne pourrons pas reconstruire. » L'UNESCO a inscrit le village sur sa liste des sites à protéger, mais les fonds promis par les donateurs internationaux tardent à arriver.

Un avenir incertain pour les habitants

Sur les 12 000 résidents, seuls 4 000 sont restés. Les autres ont fui vers Beyrouth ou Tyr. « Je ne sais pas si je reviendrai », confie Fatima, une mère de trois enfants, qui vit dans un abri temporaire. La reconstruction pourrait prendre dix ans, selon les estimations de la Banque mondiale. En attendant, les habitants de Srifa comptent sur la résilience et la solidarité, mais l'horizon reste sombre.

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