Danco saisit la Cour suprême pour contester la suspension de l'envoi postal de la pilule abortive
Le laboratoire Danco, qui commercialise la pilule abortive aux États-Unis, a déposé samedi une requête en urgence auprès de la Cour suprême. Cette démarche fait suite à la décision d'une cour d'appel américaine, prise vendredi, de suspendre provisoirement l'acheminement par voie postale de ce médicament. Danco, l'une des deux entreprises distribuant ce produit dans le pays, demande à la plus haute juridiction de bloquer cette mesure, qui empêche les Américaines d'accéder à la pilule abortive dans leur boîte aux lettres.
Un accès à l'IVG de plus en plus restreint
Cette décision judiciaire restreint davantage l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans un pays où, depuis l'arrêt historique de la Cour suprême en 2022, le droit à l'avortement n'est plus garanti au niveau fédéral. Chaque État peut désormais légiférer sur ce sujet. La cour d'appel ultraconservatrice a rendu cette décision en réponse à une demande de la Louisiane, un État ayant adopté l'une des législations les plus restrictives en matière d'avortement.
Dans sa requête, Danco affirme que la suspension de l'envoi postal « provoque une confusion immédiate et un bouleversement brutal pour les fabricants, les distributeurs, les fournisseurs, les pharmacies et les patients à travers le pays », et ce pour « des décisions médicales au calendrier hautement sensible ». Le laboratoire s'interroge : « Que se passe-t-il quand des patientes entrent dans des pharmacies aujourd'hui pour se procurer la pilule prescrite par un fournisseur hier ? Que doit faire une patiente si elle ne peut pas obtenir un rendez-vous en personne immédiatement ? »
Un précédent en juin 2024
La Cour suprême avait déjà rejeté une décision similaire en juin 2024, pour des raisons procédurales. À l'époque, la même cour d'appel ultraconservatrice avait rétabli plusieurs restrictions d'accès à la mifépristone, levées par les autorités sanitaires américaines depuis 2016. La mifépristone, généralement utilisée en association avec le misoprostol, est le médicament principal pour les avortements médicamenteux aux États-Unis, qui représentaient près de deux IVG sur trois en 2023.
Cette nouvelle décision de justice fragilise encore l'accès à l'IVG, déjà fortement limité dans de nombreux États conservateurs. Les associations de défense des droits des femmes dénoncent une attaque supplémentaire contre le droit à l'avortement, tandis que les opposants à l'IVG saluent une mesure protectrice pour la vie.



