Partis arabes israéliens : faiseurs de roi aux législatives d'octobre
Partis arabes israéliens : clé des législatives d'octobre

Un contexte de tensions et de dérive antidémocratique

En novembre 2024, le député palestinien d'Israël Ayman Odeh, du parti communiste Hadash, s'exclame à la tribune de la Knesset : « Il y a 17 385 bébés à Gaza que votre système a tués, dont 825 avaient moins de 1 an […] Il y a 35 055 bébés orphelins à Gaza. Leur sang vous hantera », face au Premier ministre Benyamin Netanyahou. Il est expulsé avant la fin de son réquisitoire, mis à la porte par les huissiers de l’hémicycle.

Quelques mois plus tard, fin juin 2025, une procédure de destitution est engagée contre la figure de proue de la représentation politique arabe en Israël. Elle ne recueille pas les 90 voix nécessaires sur les 120 élus de la Knesset, mais 73, allant du centre jusqu’à l’extrême droite, après deux séances de débat au Parlement où des menaces ont été proférées à l’encontre de l’élu : « Si vous étiez dans un autre pays, vous seriez passé devant un peloton d’exécution », a avancé Osher Shekalim, député du Likoud.

Les partis arabes, acteurs clés du scrutin d'octobre

C’est dans ce contexte de dérive antidémocratique, de raidissement du gouvernement face aux Palestiniens d’Israël – qui représentent 20 % de la population de l’État hébreu – et de violence accrue contre les communautés arabes que vont se jouer les prochaines élections législatives, en octobre. Ni le camp de Benyamin Netanyahou ni celui de l’opposition ne sont en position de former une coalition majoritaire de 60 députés sans leur appui.

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Les partis arabes israéliens se positionnent donc en acteurs clés du scrutin. S’ils se présentent unis, ils pourraient être l’un des plus grands blocs parlementaires du pays. Selon les analystes, une liste unifiée pourrait obtenir entre 10 et 15 sièges, ce qui serait suffisant pour jouer les faiseurs de roi.

Unis, ils pèsent ; divisés, ils perdent

L’unité des partis arabes – Hadash, Ta'al, Balad et la Liste arabe unie – est cruciale. Lors des élections de 2022, leur désunion a conduit à une perte de sièges. En revanche, en 2020, la Liste arabe unie (Ra'am) a fait basculer la coalition de Naftali Bennett en la rejoignant. Cette fois, l’enjeu est d’autant plus fort que la guerre à Gaza a radicalisé les positions.

Ayman Odeh a appelé à l’unité : « Nous devons être ensemble pour défendre notre peuple et faire entendre notre voix. » Mais les divergences persistent, notamment sur la participation à un gouvernement dirigé par Netanyahou ou sur la reconnaissance d’Israël comme État juif.

Un vote arabe déterminant pour l'avenir d'Israël

Les partis arabes pourraient également peser sur la question palestinienne et la guerre à Gaza. Leur entrée au gouvernement pourrait conditionner le soutien à une coalition à des avancées concrètes : cessez-le-feu, reconstruction de Gaza, ou fin de la colonisation. Mais leur participation reste controversée, certains électeurs arabes craignant d'être instrumentalisés.

Selon un sondage récent, 60 % des Arabes israéliens estiment que leurs représentants devraient jouer un rôle actif dans la formation du gouvernement. Le scrutin d'octobre s'annonce donc comme un tournant pour la démocratie israélienne et la représentation de la minorité arabe.

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