Niger dépose officiellement sa demande de retrait de la CPI
Niger dépose officiellement sa demande de retrait de la CPI

Le Niger a officiellement déposé sa demande de retrait de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé le ministre de la Justice, M. Alio Daouda, lors d'une conférence de presse tenue le 23 juin 2026 à Niamey. Cette décision fait suite à une résolution adoptée par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), l'organe dirigeant du pays depuis le coup d'État de juillet 2023.

Un processus enclenché depuis plusieurs mois

Selon le ministre, la demande de retrait a été transmise au secrétaire général des Nations unies, conformément à l'article 127 du Statut de Rome. Le Niger devient ainsi le quatrième pays africain à quitter la CPI, après le Burundi (2017), les Philippines (2019) et la Gambie (2016, avant de revenir en 2017). Le retrait prendra effet un an après le dépôt officiel, soit le 23 juin 2027.

Le gouvernement nigérien justifie cette décision par des accusations de partialité de la CPI envers les pays africains. Sur les 31 affaires traitées par la Cour depuis sa création en 2002, 21 concernent des dirigeants ou ressortissants africains. Le Niger estime que la CPI est devenue un instrument politique utilisé par les grandes puissances contre les nations du Sud.

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Un contexte de rupture avec les partenaires occidentaux

Cette annonce s'inscrit dans un contexte plus large de rupture du Niger avec ses partenaires occidentaux, notamment la France et les États-Unis. Depuis le coup d'État de 2023, le CNSP a expulsé les troupes françaises et remis en question les accords de coopération militaire. Le pays s'est rapproché de la Russie et de l'Iran, tout en renforçant ses liens avec les pays du Sahel, notamment le Mali et le Burkina Faso, qui ont également quitté la CPI.

Des organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch et Amnesty International, ont condamné cette décision, estimant qu'elle priverait les victimes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité d'un recours judiciaire. Le Niger est confronté à des violences jihadistes récurrentes dans l'ouest du pays, où des groupes affiliés à l'État islamique et à Al-Qaïda opèrent.

Réactions internationales

La CPI a exprimé son regret dans un communiqué, rappelant que le Niger avait ratifié le Statut de Rome en 2002 et que la Cour continuerait à enquêter sur les crimes commis sur le territoire nigérien jusqu'à la date effective du retrait. L'Union européenne a également déploré cette décision, tandis que la Russie a salué un acte de souveraineté. Le président du CNSP, le général Abdourahamane Tiani, a déclaré que le Niger ne pouvait pas faire confiance à une institution qui n'a jamais poursuivi les responsables des crimes de guerre perpétrés par les puissances occidentales en Irak ou en Libye.

Selon des sources diplomatiques, le Niger pourrait faire face à des sanctions de la part de certains pays européens, mais le CNSP semble déterminé à poursuivre sa politique de souveraineté. Le retrait de la CPI pourrait également affecter les relations du Niger avec la Cour africaine de justice et des droits de l'homme, qui peine à gagner en crédibilité.

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