40 morts par noyade en une semaine : la canicule aggrave le bilan
40 morts par noyade en une semaine : la canicule aggrave le bilan

Depuis le début de la canicule historique qui frappe la France, le nombre de noyades a explosé. En moins d'une semaine, 40 personnes ont perdu la vie, un bilan très lourd qui a conduit le gouvernement à lancer un appel urgent au respect des règles de sécurité.

Un bilan alarmant principalement chez les jeunes

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présidé mardi une nouvelle cellule interministérielle de crise. Il a précisé que les noyades enregistrées depuis le 18 juin concernaient « essentiellement des jeunes », déplorant « un triste fléau ». Selon Santé publique France, durant l'été 2025, 409 personnes sont mortes par noyade en France, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024. Parmi les victimes figuraient 57 enfants et adolescents.

En Seine-et-Marne, cinq personnes, dont deux mineurs, se sont noyées depuis vendredi, selon les parquets de Meaux et de Melun. Dimanche soir, un résident d'une maison de retraite de 74 ans, se déplaçant en fauteuil roulant, est mort noyé dans la Loire, à Pouilly-sous-Charlieu. À Besançon, deux adolescents de 11 et 13 ans se sont noyés dans le Doubs au cours du week-end, poussant le maire Ludovic Fagaut (LR) à « renforcer la signalétique et les patrouilles » aux abords de cette rivière « dangereuse ».

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Les autorités mettent en garde contre les baignades non surveillées

Les autorités alertent sur la tentation de chercher la fraîcheur de l'eau dans des aires non surveillées, voire interdites à la baignade. « Ce n'est pas anodin, par des épisodes de canicule comme cela, d'aller se baigner dans des zones qui ne sont pas surveillées », a déclaré sur France Inter la ministre des Sports Marina Ferrari. « Il faut vraiment respecter les zones qui sont surveillées. On voit par exemple des jeunes qui sont dans des canaux... Il faut faire très attention aux points où on va prendre l'eau », a-t-elle ajouté.

À Paris ou alentours, plusieurs canaux sont pris d'assaut l'après-midi, notamment le canal Saint-Martin où la baignade est autorisée de manière anticipée depuis le 17 juin. La ministre a rappelé « les consignes de sécurité » et les « gestes essentiels », comme le fait de « rentrer progressivement dans l'eau ». « Quand le corps subit un tel choc thermique, il faut faire extrêmement attention. »

Alcool et baignade : un mélange dangereux

Autre point d'attention : la consommation d'alcool. « Sur la Fête de la musique, on n'a pas eu à déplorer d'événement majeur, ça veut dire que les gens ont été responsables par rapport à la prise d'alcool notamment, mais on sait que alcool et baignade, ça fait très mauvais ménage », a souligné Marina Ferrari.

Pour Axel Lamotte, membre du comité directeur de la Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs (FFMNS), « trop de baigneurs surestiment leurs capacités ». Or « en milieu naturel, l'eau comporte de nombreux risques, les nageurs paniquent facilement ». Pour les autorités comme pour les maîtres-nageurs, l'apprentissage de la natation est un enjeu majeur. « Le problème devient gravissime. On milite pour un brevet de sûreté aquatique que devraient passer tous les élèves d'école primaire, et qui serait revalidé au collège », souligne Axel Lamotte. Mais « le métier de maître-nageur devient un métier en tension, il faudrait 30 % d'effectifs supplémentaires ».

Le gouvernement promet des mesures pour la natation

« Nous devons conduire un travail de longue haleine autour de l'apprentissage de la natation, (...) autour de l'aisance aquatique ou le savoir-nager », a déclaré la ministre mardi après-midi devant les députés. Sur la formation des maîtres-nageurs et des sauveteurs, elle a annoncé que « d'ici le début de l'été, une refonte du brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique va entrer en œuvre afin d'élargir les missions des sauveteurs ».

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La ministre des Sports a également pointé « un problème d'entretien de nos piscines, notamment en milieu rural, avec une inquiétude qui est de voir certains établissements d'apprentissage de la natation qui ferment ». « Les piscines sont âgées et il y a des communes qui ne sont plus en capacité d'entretenir » ces lieux, a-t-elle ajouté. Marina Ferrari assure que « l'Etat est aux côtés des collectivités pour financer ces équipements » et relève que dans les crédits d'investissement de l'Agence nationale du sport, les piscines sont « fléchées en priorité ».