La Chine pourrait frapper l'Australie avec des missiles, selon un rapport
La Chine pourrait frapper l'Australie avec des missiles

Une fois encore, le spectre de la puissance militaire chinoise refait surface. Selon une étude du groupe de réflexion en politique étrangère Lowy Institute, publiée le 14 juin, l'armée de Pékin développerait une capacité "réelle et croissante" à frapper le territoire continental australien avec des missiles, et serait déjà en mesure de menacer les routes commerciales de l'Australie, ses câbles sous-marins essentiels aux communications et ses infrastructures critiques.

Des missiles capables d'atteindre le nord de l'Australie

"La Chine est déjà en mesure de frapper le nord de l'Australie grâce à des missiles balistiques déployés sur ses avant-postes en mer de Chine méridionale. Sa capacité à frapper le territoire australien depuis la Chine continentale augmentera également au cours de la prochaine décennie à mesure que le missile balistique à portée intermédiaire DF-27, et potentiellement un missile balistique intercontinental armé de charges conventionnelles, entreront en service en plus grand nombre", avertissent les auteurs.

Deux facteurs pourraient accroître la menace de frappes contre le territoire australien : la mise en service d'un nouveau bombardier à longue portée (habité ou sans pilote), ou le déploiement de bombardiers et missiles existants sur des bases plus proches de l'Australie, dans le Pacifique.

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Une "compétition permanente"

Auprès d'ABC, Sam Roggeveen, l'un des coauteurs du rapport, nuance néanmoins : "Je dirais que, pour une force militaire de la taille de celle de la Chine, cette capacité de frappe directe demeure relativement modeste, car l'attention de Pékin est jusqu'à présent restée concentrée sur son voisinage immédiat", indique-t-il. Mais cela n'empêche guère le gouvernement fédéral australien de prendre les devants, en s'engageant dans ce que la ministre des Affaires étrangères a qualifié de "compétition permanente" avec la Chine dans le Pacifique, cherchant à empêcher Pékin d'y établir une présence militaire durable.

Il faut dire que son adversaire "cherche activement à obtenir des accords de stationnement militaire dans les États insulaires du Pacifique depuis au moins 2018", rappelle le rapport du Lowy Institute, et que "de nombreuses sources ouvertes fiables ainsi que les rapports annuels du Pentagone" font référence à un projet de bombardier stratégique à long rayon d'action, le H-20, selon Sam Roggeveen. "Nous constatons également certains indices montrant que la Chine s'intéresse à des systèmes de drones à très longue portée, non seulement pour la surveillance mais aussi potentiellement comme plateformes de bombardement capables d'atteindre l'Australie. Toutefois, il semble peu probable que la Chine dispose d'une telle capacité opérationnelle avant une dizaine d'années", a précisé l'expert, toujours auprès d'ABC.

"Le renforcement militaire de la Chine a déjà entamé la suprématie militaire des États-Unis dans la région indo-pacifique, accru la menace pesant sur Taïwan et créé une pression structurelle sur les États de la région pour qu'ils s'alignent davantage sur les préférences de Pékin. Ces évolutions ont des conséquences sur la sécurité de l'Australie, indépendamment de la capacité de la Chine à frapper directement le territoire australien", poursuit le rapport. D'autant que le principal contrepoids que constituent la crédibilité de la dissuasion des États-Unis et la cohésion des dispositifs de sécurité dirigés par Washington sont directement mis à mal par le renforcement militaire chinois, concluent les auteurs.

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