Les djihadistes du Jnim appellent à un front commun contre la junte malienne
Jnim appelle à un front commun contre la junte malienne

Les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), alliés à Al-Qaïda, ont appelé jeudi à un large « front commun » contre la junte au Mali et soumis sa capitale Bamako à un blocus routier. Le gouvernement nigérien a de son côté annoncé que l'Alliance des États du Sahel (AES), la force unifiée antidjihadiste rassemblant Niger, Burkina Faso et Mali, avait mené des frappes dans le nord du Mali peu après les attaques djihadistes du week-end.

Appel à une transition pacifique

« Il est impératif de mettre fin » à la junte, pour « une transition pacifique et inclusive » pour un « nouveau Mali » dont « l'une des priorités essentielles (sera) l'établissement de la charia », la loi islamique, a déclaré le Jnim. Le groupe djihadiste a appelé « tous les patriotes sincères, sans distinction aucune, à se lever et à unir nos forces dans un front commun » incluant « les partis politiques, les forces armées nationales, les autorités religieuses, les chefs traditionnels et toutes les composantes de la société malienne ».

Blocus routier et frappes aériennes

Parallèlement, le Jnim a commencé à imposer jeudi un blocus routier à Bamako, tandis que le trafic aérien vers les pays voisins reste maintenu. Le Niger a salué la « prompte réaction énergique des unités de la force unifiée » qui ont mené « d'intenses campagnes aériennes » après les attaques du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal.

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Hommage national au ministre de la Défense

Un hommage national sous haute sécurité a été rendu à Bamako au ministre de la Défense Sadio Camara, tué samedi à Kati lors des attaques. En tenue de combat et lunettes noires, le chef de la junte Assimi Goïta s'est incliné devant son cercueil recouvert du drapeau malien. Des milliers de personnes, dont les ministres de la Défense du Niger et du Burkina Faso, ont participé à la cérémonie. Le général Camara, 47 ans, était une figure clé de la junte et considéré comme l'architecte du rapprochement avec la Russie.

Situation sécuritaire critique

La mort de Camara est un coup dur pour la junte, plus que jamais affaiblie, alors que Kidal est désormais sous contrôle des groupes armés. Les attaques d'ampleur et la perte de Kidal jettent le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces. Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique avec au moins 23 morts civils et militaires, selon une source hospitalière.

Mardi, Assimi Goïta avait affirmé que la situation était « maîtrisée », tout en reconnaissant un moment d'« extrême gravité ». « La situation est loin d'être sous contrôle », a rétorqué le porte-parole du Front de libération de l'Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, affirmant que le régime militaire « va tomber, tôt ou tard ». Moscou a de son côté affirmé que ses forces se maintiendraient au Mali.

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