Près de trois ans après le traumatisme du 7-Octobre, le Premier ministre Benyamin Netanyahou continue d'entraîner son pays dans une spirale guerrière et un engrenage autoritaire. Une inquiétante évolution qui ne cesse de repousser les limites de l'État de droit, et d'éloigner l'État hébreu de ce qu'il a longtemps été.
Une dérive démocratique claire
Sur la plage de Tel-Aviv, le 22 avril, jour du 78e anniversaire de l'indépendance d'Israël, l'atmosphère est lourde. Les habitants expriment leur inquiétude face à la situation politique et sécuritaire. « Israël connaît une dérive démocratique très claire », confie un habitant, résumant le sentiment général.
Wassim Siam, mains poussiéreuses posées sur les hanches, pantalon usé, regarde, l'air absent, ce qui reste de sa maison : une grande pièce vide, remplie de câbles électriques et de débris de plâtre. Le jeune homme a préféré démolir cette bâtisse vieille de soixante-dix ans, où il vit avec sa femme, ses cinq enfants et sa mère malade, plutôt que payer les dizaines de milliers de shekels exigés par la municipalité. « Les Israéliens ne veulent plus de nous ici », lâche Wassim, essoufflé.
La pression sur les Palestiniens
Sans même jeter un regard à ce qu'il reste de la maison, trois colons – kippa sur la tête et tsitsit nouées aux quatre coins de leur vêtement – passent devant afin de se rendre en contrebas, à la source d'eau du quartier palestinien, pour le bain rituel du shabbat. Ils s'y plongent nus, sept fois, avant de repartir, indifférents à la détresse des habitants. Cette scène illustre la tension croissante entre colons et Palestiniens, alimentée par une politique gouvernementale qui favorise l'expansion des colonies.
Le gouvernement de Netanyahou, soutenu par des partis d'extrême droite, a multiplié les mesures controversées : réformes judiciaires limitant le pouvoir de la Cour suprême, répression accrue des manifestations, et discours belliciste envers les voisins arabes. Les critiques dénoncent un glissement autoritaire qui menace les fondements démocratiques du pays.
Une spirale guerrière sans fin
Depuis les attaques du 7 octobre 2023, Israël a lancé des opérations militaires massives à Gaza et au Liban, causant des milliers de morts et une crise humanitaire. Les appels internationaux à un cessez-le-feu restent vains. Netanyahou justifie ces actions par la nécessité de garantir la sécurité, mais ses opposants l'accusent de prolonger le conflit pour des raisons politiques personnelles.
« Cette guerre n'a pas de fin en vue », déclare un analyste politique. « Le Premier ministre utilise la menace sécuritaire pour justifier l'érosion des libertés et détourner l'attention des scandales de corruption qui l'entourent. »
L'impact sur la société israélienne
La société israélienne est profondément divisée. D'un côté, les partisans de la ligne dure réclament une action militaire encore plus forte ; de l'autre, des mouvements pacifistes appellent à la reprise des négociations et au respect du droit international. Les médias, sous pression, peinent à exercer leur rôle de contre-pouvoir.
Les organisations de défense des droits humains alertent sur la détérioration des conditions de vie dans les territoires palestiniens. Les expulsions, les démolitions de maisons et les restrictions de mouvement se multiplient. « Ce que nous voyons aujourd'hui est un apartheid rampant », affirme un rapport d'Amnesty International.
Alors que le pays célèbre son anniversaire, l'avenir semble incertain. La dérive autoritaire et la guerre permanente éloignent Israël de ses idéaux fondateurs. Les citoyens, pris entre peur et colère, cherchent une issue, mais le chemin vers la paix et la démocratie semble plus long que jamais.



