Israël réinstalle la colonie de Sa-Nour en Cisjordanie occupée
Ce dimanche, Israël a officiellement réinstallé la colonie de Sa-Nour en Cisjordanie occupée, un site qui avait été évacué en 2005 dans le cadre du plan de désengagement. Cette réinstallation intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des déclarations fortes de la part du ministre des Finances, Bezalel Smotrich.
Une rectification historique selon Smotrich
Lors de la cérémonie de réinstallation, Bezalel Smotrich, ministre des Finances et figure de l'extrême droite israélienne, a déclaré : « Nous célébrons une rectification historique de l'expulsion criminelle de la Samarie du Nord ». Il a utilisé le terme « Samarie », nom par lequel les Israéliens désignent le nord de la Cisjordanie, pour justifier cette action.
Smotrich, lui-même colon, a ajouté sans ambages : « Nous enterrons l'idée d'un État palestinien et nous revenons à la colonie de Sa-Nour ». Ces propos réitèrent son opposition ferme à la création d'un État palestinien, une position qui alimente les tensions dans la région.
Contexte du désengagement de 2005
La colonie de Sa-Nour avait été évacuée en 2005 dans le cadre d'un plan de désengagement israélien. Ce plan avait entraîné le retrait des troupes israéliennes et des colons de la bande de Gaza ainsi que de quatre colonies en Cisjordanie. La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis la guerre de 1967, et sa colonisation est un point de friction majeur dans le conflit israélo-palestinien.
Appel à rétablir des colonies à Gaza
Dans un développement supplémentaire, Bezalel Smotrich a appelé à rétablir des colonies dans la bande de Gaza. Il a justifié cette proposition par la nécessité de créer une « ceinture de sécurité » pour Israël. Cette déclaration intervient alors que Gaza a été le théâtre d'une guerre dévastatrice entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste Hamas, qui s'est étendue d'octobre 2023 à octobre 2025.
Le gouvernement israélien et la colonisation
Le gouvernement israélien actuel, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et considéré comme l'un des plus à droite de l'histoire du pays, annonce régulièrement des projets de création ou d'extension de colonies juives en Cisjordanie. Récemment, il a approuvé la construction de 126 logements à Sa-Nour, renforçant ainsi la présence israélienne dans cette zone.
Lors de la cérémonie de dimanche, Smotrich était accompagné d'autres ministres et de membres du Parlement, soulignant le soutien politique à cette initiative. Des images de l'AFP montrent des rangées de maisons préfabriquées blanches sur une colline verdoyante, symbolisant le retour des colons.
Témoignages des colons
Selon les médias israéliens, 16 familles ont emménagé à Sa-Nour ces derniers jours, dont celle de Yossi Dagan, président du Conseil des colonies du nord de la Cisjordanie. Dagan, qui avait été évacué de Sa-Nour en 2005, a déclaré : « Nous écrivons l'histoire aujourd'hui en Samarie » après avoir coupé le ruban inaugural.
Il a ajouté avec détermination : « Nous avons juré : Sa-Nour […], plus de retraits. Nous sommes revenus pour rester ». Ces mots reflètent l'engagement des colons à s'installer de manière permanente, malgré les controverses internationales.
Réactions internationales et obstacles à la paix
La colonisation israélienne en Cisjordanie est régulièrement dénoncée par l'ONU comme illégale au regard du droit international. Elle est considérée comme l'un des principaux obstacles à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens, car elle empêche la création d'un État palestinien viable.
Actuellement, environ 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, au milieu de trois millions de Palestiniens. Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement Netanyahou en 2022, l'établissement de plus de 100 colonies a été approuvé, ce qui accroît les tensions et complique les perspectives de négociations de paix.
Cette réinstallation de Sa-Nour s'inscrit donc dans une tendance plus large de renforcement de la colonisation, avec des implications profondes pour l'avenir du conflit israélo-palestinien et la stabilité régionale.



