Négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à partir de ce jeudi 14 mai à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu qui n'a pas empêché des centaines de morts supplémentaires lors de frappes israéliennes contre le Hezbollah. Cette rencontre, la deuxième, intervient au lendemain d'une série de frappes israéliennes sur une trentaine de lieux au Liban qui a fait au moins 22 morts, selon le ministère libanais de la Santé.
Une trêve fragile mais nécessaire
Depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 17 avril, plus de 400 personnes ont été tuées selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres du ministère de la Santé. Les représentants des deux pays s'étaient déjà rencontrés le 23 avril dans la capitale américaine. Le président Donald Trump avait annoncé à cette occasion une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.
Des espoirs de paix non concrétisés
Le président des États-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le président libanais Joseph Aoun. Mais cet espoir ne s'est pas concrétisé, le chef d'État libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes. « La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions », a déclaré un haut responsable libanais à l'AFP.
Des frappes israéliennes persistantes
Malgré la trêve, Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, frappant quotidiennement le Liban. « Quiconque menace l'État d'Israël mourra en raison de sa faute », a encore averti la semaine dernière Benyamin Netanyahou après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth. Plus de 2 800 personnes ont péri au Liban depuis le début du conflit début mars, dont au moins 200 enfants, d'après Beyrouth.
Les enjeux des négociations
Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban. À Washington, le Liban vient chercher « une consolidation du cessez-le-feu », a déclaré un haut responsable. Pour le département d'État, « ces pourparlers doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'État libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël ».
Absence de haut niveau américain
À la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'État Marco Rubio ni Donald Trump lui-même n'y participeront. Tous deux sont en visite officielle en Chine. Pour ces deux journées d'entretiens au département d'État, l'équipe de médiateurs américains comprend les ambassadeurs des États-Unis en Israël et au Liban, respectivement Mike Huckabee, pasteur évangélique qui est un chaud partisan des ambitions régionales de l'État hébreu, et Michel Issa, un partenaire de golf de Donald Trump qui est né au pays du Cèdre.
Le Liban est représenté par Simon Karam, un avocat et diplomate de 76 ans, et Israël par son ambassadeur Yechiel Leiter, 67 ans, allié de longue date de Benyamin Netanyahou. Washington dit défendre la souveraineté du Liban sur tout son territoire mais appelle aussi le pays à s'en prendre au Hezbollah.



