Israël et Russie sur la liste noire de l'ONU pour violences sexuelles en conflit
Israël et Russie sur la liste noire de l'ONU

La liste annuelle de l'ONU sur les violences sexuelles en période de conflit vient d'être publiée, et cette année, les forces de sécurité israéliennes et russes y figurent pour la première fois. Ce document, qui répertorie les groupes étatiques et non étatiques soupçonnés de manière crédible de se livrer de façon systématique à ces violences, inclut des pays comme le Soudan, Haïti, la République démocratique du Congo, la Birmanie, la Syrie ou le Mali.

Des mises en garde ignorées

En août dernier, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait averti Israël et la Russie de leur possible inscription. Malgré cela, le nouveau rapport, consulté par l'AFP avant sa transmission au Conseil de sécurité, indique que les incidents de violences sexuelles ont continué à être enregistrés par les Nations unies dans le contexte de la guerre en Ukraine et dans les territoires palestiniens occupés. Les inspecteurs de l'ONU se heurtent toujours à un refus d'accès persistant de la part des autorités des deux pays.

Cas en Israël et dans les territoires palestiniens

Concernant Israël, le rapport note qu'en 2025, les violences sexuelles contre les Palestiniens détenus se sont poursuivies. Les cas vérifiés par l'ONU sont indicatifs mais non exhaustifs, en raison du refus d'accès aux centres de détention israéliens. L'ONU a confirmé plusieurs cas de violences sexuelles remontant à 2023, incluant des actes de torture contre 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons et une fille dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Ces violations comprennent des viols avec objet, des viols collectifs, des violences physiques contre les parties génitales, la nudité forcée et des fouilles au corps sans raison de sécurité apparente. Les auteurs sont identifiés comme des membres de l'armée, des forces de sécurité et des services pénitentiaires israéliens.

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Réaction d'Israël et mise à l'écart de Guterres

Israël a pris les devants en dénonçant jeudi matin une décision honteuse et absurde d'Antonio Guterres, qui mettrait Israël et le Hamas sur le même plan. L'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, a déclaré dans un message vidéo que nous en avons fini avec ce secrétaire général, signifiant le gel des relations d'Israël avec le bureau de Guterres jusqu'à la fin de son mandat le 31 décembre 2026. Il a rejeté les accusations de refus d'accès, affirmant que des représentants de l'ONU avaient été invités à enquêter en Israël mais ont choisi de ne pas venir.

Situation en Russie

Le rapport souligne également des violences sexuelles dans les territoires ukrainiens occupés et en Russie, commises par les forces armées et les services pénitentiaires, notamment sur des prisonniers de guerre. En utilisant les données de la mission de surveillance des droits de l'homme en Ukraine, il mentionne 310 cas de violences sexuelles liées au conflit, incluant des viols, des mutilations génitales et des chocs électriques, commis en grande majorité sur des hommes entre 2022 et 2025. L'Ukraine, bien que non listée, n'est pas exempte de critiques : le rapport évoque 31 cas de violences sexuelles par ses forces, mais la plupart ont eu lieu avant 2025, et le gouvernement a renforcé la législation et coopère avec l'ONU.

Augmentation globale des violences

Le rapport déplore une augmentation nette des violences sexuelles liées aux conflits en 2025 par rapport à 2024, marquées par une brutalité extrême et ciblant en grande majorité les femmes et les filles. La Russie et Israël figurent déjà depuis 2023 et 2024 sur une autre liste de la honte de l'ONU concernant les violences contre les enfants en conflit.

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