L'opposant hongrois Peter Magyar a dévoilé ce lundi une initiative inédite baptisée « opération Purgatoire », destinée à rassembler des preuves des dérives autoritaires et de la corruption du régime de Viktor Orban. Lors d'une conférence de presse à Budapest, il a appelé les citoyens à témoigner et à fournir des documents pour constituer un dossier qui pourrait être transmis à la justice européenne.
Une plateforme de témoignages en ligne
Magyar, ancien allié d'Orban devenu l'un de ses plus farouches critiques, a lancé un site internet où les Hongrois peuvent soumettre anonymement des preuves de malversations. Selon lui, plus de 10 000 témoignages ont déjà été recueillis en 48 heures. « Nous avons besoin de faits, pas de rumeurs », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que l'objectif est de « purger le système politique hongrois de ses éléments corrompus ».
Un contexte de tensions politiques
Cette initiative intervient alors que le parti Fidesz d'Orban fait face à des accusations de détournement de fonds européens et de muselage de la presse. Magyar, qui a quitté le parti en 2023, affirme que son mouvement a recueilli des preuves de l'utilisation de fonds publics pour financer des campagnes de propagande. Il a notamment cité un rapport interne selon lequel 500 millions d'euros auraient été détournés vers des médias pro-gouvernementaux.
La riposte du gouvernement
Le gouvernement Orban a rapidement réagi, qualifiant l'opération Purgatoire de « campagne de diffamation » orchestrée par des « agents étrangers ». Le porte-parole du gouvernement, Gergely Gulyás, a dénoncé une tentative de déstabilisation du pays. « Peter Magyar est un traître qui sert les intérêts de Bruxelles », a-t-il affirmé lors d'un point presse.
Un mouvement qui gagne du terrain
Malgré les critiques, l'opération Purgatoire semble séduire une partie de l'opposition et de la société civile. Des ONG comme Transparency International Hongrie ont salué l'initiative, tout en appelant à la prudence. « C'est une démarche courageuse, mais il faut garantir la protection des témoins », a commenté une porte-parole. Selon un sondage récent, 35 % des Hongrois soutiennent désormais l'action de Magyar, contre 28 % il y a un mois.
Vers une saisine de la justice européenne ?
Magyar a annoncé qu'il comptait transmettre les preuves recueillies à la Commission européenne et à la Cour de justice de l'Union européenne. « Orban a violé les principes de l'État de droit. Il est temps que l'Europe agisse », a-t-il lancé. Cette démarche pourrait relancer la procédure de conditionnalité des fonds européens, déjà suspendue pour la Hongrie en raison de manquements à l'État de droit.



