Conflit Iran-USA-Israël : 50 ans de tensions, des otages de 1979 aux frappes de 2026
Iran-USA-Israël : 50 ans de tensions, des otages aux frappes

Conflit Iran-USA-Israël : 50 ans de tensions, des otages de 1979 aux frappes de 2026

Alors que les États-Unis et Israël ont mené des frappes sur l'Iran ce samedi 28 février 2026, il est essentiel de revenir sur près d'un demi-siècle de relations conflictuelles pour comprendre l'origine profonde de ce conflit. L'Iran, cible de ces opérations militaires conjointes, entretient avec Washington des rapports tendus depuis la Révolution islamique de 1979 et l'épisode traumatisant de la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran.

1979 : la prise d'otages qui a tout changé

Le 4 novembre 1979, sept mois seulement après la proclamation de la République islamique d'Iran, des étudiants islamistes prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis. Ils exigent l'extradition de l'ancien chah Mohammad Reza Pahlavi, renversé après des mois de manifestations et alors soigné sur le sol américain. Cinquante-deux diplomates et employés sont retenus en otage pendant 444 jours, dans une crise qui marquera durablement les relations bilatérales. En avril 1980, neuf mois avant leur libération, Washington rompt définitivement les relations diplomatiques et impose un premier embargo commercial.

1995-2002 : l'Iran dans le viseur américain

Le 30 avril 1995, l'administration Clinton annonce un embargo commercial et financier total contre l'Iran, l'accusant ouvertement de soutenir le terrorisme. Des sanctions ciblées sont ensuite étendues aux sociétés investissant dans les secteurs pétrolier ou gazier iraniens. En 2002, le président George W. Bush place l'Iran parmi les trois pays formant un « axe du mal », aux côtés de l'Irak et de la Corée du Nord. En 2019, Washington inscrira les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, sur sa liste des « organisations terroristes étrangères ».

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Les années 2000 et l'épineux dossier nucléaire

Des révélations au début des années 2000 sur des sites nucléaires secrets font craindre aux Occidentaux que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) fait état en 2011 d'informations « crédibles » selon lesquelles Téhéran a mené des activités liées au développement d'un « engin nucléaire explosif » avant 2003. En 2005, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad relance l'enrichissement d'uranium, tandis que son gouvernement affirme ne développer le nucléaire que pour des besoins civils.

Le 14 juillet 2015, un accord historique est conclu à Vienne entre Téhéran et six grandes puissances (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne). Ce pacte vise à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions internationales. Il est entériné par l'ONU la même année.

Mais le 8 mai 2018, le président américain Donald Trump annonce le retrait unilatéral des États-Unis de cet accord, suivi d'un rétablissement des sanctions. Un an plus tard, l'Iran commence à s'affranchir de certains de ses engagements. Les efforts diplomatiques internationaux restant infructueux, les sanctions de l'ONU sont rétablies le 28 septembre 2025, et l'accord expire officiellement le mois suivant.

2020 : l'assassinat du général Soleimani

Le 3 janvier 2020, le puissant général iranien Qassem Soleimani est tué dans une frappe américaine à Bagdad. Donald Trump justifie cet acte en assurant que le général préparait des attaques « imminentes » contre des diplomates et militaires américains. En représailles, l'Iran lance des missiles contre des bases abritant des soldats américains en Irak, faisant monter d'un cran la tension régionale.

2025-2026 : l'escalade militaire

Lors d'une guerre de douze jours déclenchée par une attaque israélienne inédite contre l'Iran, les États-Unis lancent le 21 juin 2025 des frappes contre trois importants sites nucléaires iraniens. Donald Trump affirme qu'ils ont été « anéantis », bien que l'étendue précise des dégâts ne soit pas connue.

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Le 28 février 2026, Donald Trump annonce que les États-Unis ont lancé des « opérations de combat majeures », conjointement avec Israël, peu de temps après que plusieurs explosions ont retenti à Téhéran et dans d'autres villes iraniennes. Au cours des semaines précédentes, Washington avait menacé à plusieurs reprises de frapper l'Iran en réponse à la répression sanglante par les autorités d'un vaste mouvement de contestation déclenché fin décembre 2025.

Les deux pays avaient pourtant repris début février des sessions de pourparlers indirects, via une médiation omanaise, dont la dernière session s'est tenue jeudi à Genève. Washington réclame un accord dépassant le seul programme nucléaire iranien pour englober aussi les capacités balistiques, une demande catégoriquement rejetée par Téhéran. En prévision de ces tensions, l'armée américaine a déployé une importante force aéro-navale dans le Golfe et a envoyé en Méditerranée son plus gros porte-avions, le Gerald Ford.