Les Gardiens de la Révolution islamique renforcent leur contrôle en Iran
Selon une analyse récente de l'Institute for the Study of War, le corps des Gardiens de la Révolution islamique consolide son contrôle sur la prise de décision en Iran. Cette affirmation trouve une illustration frappante dans les déclarations contradictoires concernant le détroit d'Ormuz.
Contradictions sur le détroit d'Ormuz
Alors que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, affirmait jeudi que le détroit était « complètement ouvert à tous les navires marchands », le général Ahmad Vahidi, commandant en chef des Gardiens, déclarait le lendemain le passage interdit « quelle que soit la nationalité du vaisseau ». Les Gardiens ont mis cette menace à exécution en ouvrant le feu sur des navires samedi.
Le think tank américain estime que les Gardiens cherchent à faire céder les Américains en exerçant une pression maximale sur les approvisionnements mondiaux en hydrocarbures. Ils auraient également pris le contrôle des négociations d'Islamabad avec les États-Unis, réduisant la légitimité de la délégation iranienne présente au Pakistan.
Minage du détroit et tensions régionales
L'hebdomadaire allemand Welt am Sonntag rapporte que les Iraniens auraient commencé à miner le détroit d'Ormuz avec des mines flottantes Maham 3 et des mines de fond de mer Maham 7. Ces engins, équipés de capteurs acoustiques et magnétiques, réagissent à la présence de navires et sont protégés contre la localisation.
Le journal note que l'Iran laisse passer des navires à destination de la Chine et de l'Inde, tandis que les Américains bloquent les navires provenant des ports iraniens. Avant le conflit, le détroit était franchi quotidiennement par 100 à 150 navires en toute liberté.
Réactions internationales et tensions diplomatiques
Le quotidien suédois Svenska Dagbladet estime que « les États-Unis ont retourné l'arme de l'Iran contre lui ». L'Iran avait pris l'économie mondiale en étau en bloquant le détroit, mais cette arme s'est révélée à double tranchant puisque Washington menace désormais de bloquer l'approvisionnement de l'Iran en denrées alimentaires vitales, particulièrement les céréales.
Divergences sur l'accord nucléaire
Le Corriere della Sera relève que tandis que la Maison-Blanche annonçait bruyamment un accord sur le nucléaire iranien impliquant le renoncement de Téhéran à la bombe atomique, les Iraniens se gardaient bien de confirmer cet accord. De nombreux points demeurent en discussion entre les deux pays, notamment sur la question nucléaire.
Tensions au sein de l'OTAN
Le quotidien italien s'inquiète également de la détérioration des relations entre Rome et Washington. Le gouvernement de Giorgia Meloni a refusé aux Américains l'utilisation de la base aérienne de Sigonella en Sicile pour leurs opérations en Iran. Sur son réseau Truth Social, le président américain a posté : « L'Italie n'a pas été à la hauteur, nous ne serons pas là pour eux. »
Donald Trump s'en prend plus généralement à l'OTAN, déclarant : « J'ai dit à l'OTAN de rester à l'écart. Ils étaient inutiles en cas de besoin. Un tigre de papier ! » Le Corriere della Sera estime que si Trump prétend ne pas défendre certains membres de l'Alliance en cas d'attaque, « l'OTAN perdrait immédiatement toute signification ».
Pressions politiques internes aux États-Unis et au Royaume-Uni
Opposition américaine à la guerre
Aux États-Unis, Donald Trump subit une pression croissante de l'opinion publique pour mettre fin au conflit avec l'Iran. Un sondage publié par Politico révèle qu'une majorité d'Américains estime que cette guerre ne sert pas les intérêts de leur pays. Seulement 15% pensent que Trump a « atteint ses objectifs », tandis que 41% estiment qu'il « n'a pas de plan pour une résolution du conflit ».
Le stratège républicain Jason Roe explique : « Cette guerre n'a pas été pré-vendue au public américain et c'est pourquoi il ne l'approuve pas. »
Crise politique britannique
Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer traverse une période difficile. Les sondages placent le Labour en quatrième position avec seulement 17% des suffrages avant les élections locales du 7 mai. Le scandale entourant l'ancien ambassadeur à Washington, Peter Mandelson, éclabousse Starmer.
L'ancien ambassadeur s'est compromis avec Jeffrey Epstein, lui fournissant des informations confidentielles. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, David Lammy, devenu ministre de la Justice et vice-Premier ministre, est désormais dans la ligne de mire de l'opposition.
Problèmes de sécurité et influences étrangères
Crise au FBI
À Washington, le patron du FBI, Kash Patel, proche de Donald Trump, fait face à des accusations inquiétantes. The Atlantic rapporte une scène de panique où Patel, ne parvenant pas à se connecter au réseau interne du Bureau, a cru avoir été viré par le président.
Décrit comme « imprévisible, méfiant, prêt à tirer des conclusions hâtives », le directeur du FBI aurait également un problème d'alcoolisme. Certains de ses collègues « craignent que son comportement personnel ne devienne une menace pour la sécurité publique », particulièrement dans un contexte de craintes d'attentats terroristes iraniens.
Influence russe en Hongrie
En Hongrie, la défaite électorale de Viktor Orban face à Péter Magyar ne signifie pas la fin du système qu'il a construit. Le politologue Stephen Holmes met en garde : « Bien que la défaite d'Orban soit décisive, elle ne suffira pas à démanteler la machine qu'il a construite en seize ans. »
Le système Orban est profondément enraciné dans les médias, la justice et les administrations locales. Le politologue russe Ivan Preobrazhensky estime que le vainqueur devra lutter en priorité contre la corruption, ce qui l'amènera à s'attaquer à l'influence russe, très profonde en Hongrie.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que la Russie voulait « travailler avec la Hongrie » et que Magyar « ne veut pas claquer la porte ». Moscou compte désormais sur d'autres alliés dans l'Union européenne, comme Robert Fico en Slovaquie, Matteo Salvini en Italie, et Jordan Bardella en France.



