L'attaque remonte au matin du 1er mars dernier, mais Basis (un prénom d'emprunt) s'en souvient comme si c'était hier. Le marin était à bord du MKD Vyom, l'un des premiers navires à subir une attaque mortelle dans le golfe d'Oman lors des frappes aériennes américaines et israéliennes contre l'Iran.
Un témoignage poignant
Interrogé par The Guardian, il a accepté de revenir sur les événements datant d'il y a bientôt 10 semaines. « Il y a eu d'immenses ondes de choc et une boule de feu, raconte-t-il. Tout est devenu noir. Il n'y avait plus d'électricité. J'ai levé les yeux : des flammes et une épaisse fumée noire s'échappaient en cascade. »
Le pétrolier, battant pavillon des Îles Marshall, faisait route vers l'Arabie saoudite, en provenance d'Amsterdam (Pays-Bas). Face à l'escalade du conflit, le navire avait reçu l'ordre de s'arrêter, et de signaler tout comportement suspect… Jusqu'à recevoir un projectile, probablement tiré depuis l'Iran.
Une attaque dévastatrice
L'impact a détruit la salle des machines du navire. « Tuyaux métalliques, couvertures isolantes, réservoirs, tout était arraché… Je me suis dit : Je suis vivant. Je dois sortir d'ici », poursuit Basis.
Son « collègue bien-aimé », Dixit Solanki, est mort dans l'attaque, à l'âge de 32 ans. Ce graisseur de Mumbai, en Inde, est resté coincé dans la salle des machines, et a été retrouvé gisant sous des débris métalliques.
Une situation aggravée
La situation s'est, ensuite, aggravée lorsqu'un second incendie s'est déclaré et que le feu s'est propagé par la rupture des réservoirs de pétrole. « Si le feu se propageait et atteignait la cale, nous étions tous anéantis », se souvient-il, avant de respecter l'ordre du capitaine d'abandonner le navire.
« Quitter le navire, laisser un collègue prisonnier dans la salle des machines, était insupportable, regrette-t-il. Nous avions le sentiment d'avoir échoué. »



