En Colombie, la guérilla de l'État-major central (EMC) a reconnu avoir commis une erreur après l'attentat qui a causé la mort de 21 civils la semaine dernière. Dans un communiqué publié mercredi, le groupe armé a exprimé ses regrets et promis de prendre des mesures pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
Un attentat dévastateur
L'attaque s'est produite dans le département de Cauca, une région historiquement touchée par le conflit armé. Une voiture piégée a explosé près d'un marché local, faisant 21 morts et des dizaines de blessés. Les victimes étaient principalement des civils, dont des femmes et des enfants. L'EMC, une dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), avait initialement revendiqué l'attentat, le présentant comme une action contre des groupes paramilitaires rivaux.
Un revirement inattendu
Quelques jours après l'attaque, l'EMC a publié un communiqué dans lequel il reconnaît que l'opération a été menée sur la base de renseignements erronés. Le groupe admet avoir visé un objectif militaire, mais que les civils présents n'auraient pas dû être pris pour cible. « Nous reconnaissons que nous avons commis une grave erreur et nous présentons nos excuses aux familles des victimes », peut-on lire dans le texte.
L'EMC a également annoncé l'ouverture d'une enquête interne pour déterminer les responsabilités et a promis de verser des réparations aux familles touchées. Cette décision intervient après une forte pression des autorités colombiennes et de la communauté internationale.
Réactions du gouvernement
Le président colombien a salué cette reconnaissance, mais a souligné qu'elle ne suffisait pas à effacer la douleur des familles. « Les excuses sont un premier pas, mais la justice doit suivre son cours », a-t-il déclaré. Le gouvernement a réitéré son engagement à lutter contre tous les groupes armés illégaux et à protéger les civils.
Des organisations de défense des droits humains ont également réagi, appelant à ce que les responsables soient traduits en justice. « Il est essentiel que les auteurs de ces actes répondent de leurs actes devant les tribunaux », a déclaré un porte-parole de Human Rights Watch.
Un contexte de violence persistante
La Colombie continue de faire face à une violence endémique, malgré l'accord de paix de 2016 avec les FARC. L'EMC est l'un des nombreux groupes armés qui se disputent le contrôle des territoires riches en coca et en ressources minières. Le département de Cauca est particulièrement touché, avec des affrontements fréquents entre guérillas, paramilitaires et forces de sécurité.
Cet attentat a relancé le débat sur la nécessité d'une stratégie de sécurité plus efficace. Les experts estiment que la reconnaissance d'erreur par l'EMC pourrait être un signe de faiblesse, mais aussi une tentative de légitimation du groupe. « Il est rare que des groupes armés admettent leurs erreurs. Cela pourrait indiquer une volonté de dialoguer, mais il faut rester prudent », analyse un chercheur spécialisé.
En attendant, les familles des victimes pleurent leurs proches et réclament justice. Les autorités locales ont organisé des veillées et des manifestations pour exiger la fin de la violence. La guérilla EMC, de son côté, assure vouloir collaborer avec les enquêteurs pour éviter de nouvelles tragédies.



