Colombie : une centaine de guérilleros déposent les armes avant la présidentielle
Colombie : guérilleros déposent les armes avant la présidentielle

À trois jours du second tour de l’élection présidentielle en Colombie, un geste symbolique fort a eu lieu dans le département du Cauca. Une centaine de guérilleros appartenant à une dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont officiellement déposé les armes, marquant une avancée dans le processus de paix fragmenté du pays.

Un désarmement inattendu

L’événement s’est déroulé dans la municipalité de Buenos Aires, où les combattants ont remis leurs armes à des représentants de l’Église catholique et de la Mission de vérification de l’ONU en Colombie. Ce geste intervient dans un contexte électoral tendu, alors que les Colombiens s’apprêtent à choisir entre le candidat de gauche Gustavo Petro et le populiste Rodolfo Hernández.

Selon les informations recueillies, il s’agit de membres du groupe dissident connu sous le nom de « FARC-EP », qui n’avait pas accepté l’accord de paix de 2016. Leur décision de déposer les armes pourrait être interprétée comme un signe de volonté de réintégration dans la vie civile, mais aussi comme une manœuvre politique visant à influencer le scrutin.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions politiques

Le président sortant Iván Duque, qui n’est pas candidat, a salué cette action, y voyant « un pas important vers la paix totale ». De son côté, Gustavo Petro, ancien guérillero du M-19, a estimé que ce désarmement montre que « la paix est possible si l’État offre des garanties ». Rodolfo Hernández, quant à lui, a adopté une position plus prudente, appelant à ne pas « politiser ce geste ».

L’Église catholique, médiatrice dans ce processus, a appelé les autres groupes armés à suivre cet exemple. Le père Jorge Rodríguez, présent lors de la cérémonie, a déclaré : « Ces hommes et ces femmes ont choisi la vie. C’est un message d’espoir pour toute la Colombie. »

Un contexte sécuritaire fragile

Le département du Cauca est l’une des régions les plus touchées par la violence en Colombie, en raison de la présence de groupes armés dissidents, de cartels de la drogue et de gangs. Malgré l’accord de paix de 2016, plusieurs factions des FARC ont repris les armes, tandis que d’autres groupes comme l’Armée de libération nationale (ELN) restent actifs.

Ce désarmement partiel pourrait avoir un impact limité sur la sécurité globale, mais il représente une avancée symbolique importante. Les autorités locales espèrent que cela encouragera d’autres combattants à déposer les armes et à s’engager dans un processus de réinsertion.

Enjeux électoraux

Le second tour de la présidentielle, prévu dimanche 19 juin, oppose deux candidats aux visions radicalement différentes. Gustavo Petro propose une refonte du modèle économique et une paix négociée avec tous les groupes armés, tandis que Rodolfo Hernández prône une ligne dure contre la criminalité et une gestion technocratique.

Ce désarmement pourrait bénéficier à Petro, qui a fait de la paix une priorité de sa campagne. Cependant, les analystes restent prudents, car les électeurs colombiens sont divisés sur la question de la négociation avec les groupes armés.

En tout état de cause, ce geste montre que, malgré les difficultés, le processus de paix colombien continue d’avancer, même à petits pas. La communauté internationale, notamment l’ONU et les États-Unis, suit de près ces développements, espérant que la Colombie pourra tourner la page de six décennies de conflit armé.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale