Condamnation confirmée en appel pour Boualem Sansal
La cour d'appel d'Alger a confirmé ce mardi 1er juillet 2025 la peine de cinq ans de prison ferme prononcée en première instance contre l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Il est reconnu coupable d'"atteinte à l'unité nationale" pour des propos tenus en octobre 2024, dans lesquels il remettait en cause l'intégrité territoriale de l'Algérie.
Des déclarations controversées
Dans une interview au média français d'extrême droite Frontières, Boualem Sansal avait affirmé que l'Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant auparavant au Maroc. Ces déclarations ont été jugées contraires à l'unité nationale par la justice algérienne. L'écrivain, âgé de 80 ans et atteint d'un cancer de la prostate, a qualifié ces propos de "littérature", estimant que la liberté d'expression était garantie par la Constitution algérienne.
Appel à la clémence de Paris
Le Premier ministre français François Bayrou a exprimé mardi son espoir de voir le président algérien Abdelmadjid Tebboune faire preuve de clémence. "La situation que Boualem Sansal subit est insupportable pour les Français. Maintenant qu'il y a eu condamnation, on peut imaginer des mesures de grâce, notamment en raison de son état de santé", a-t-il déclaré. Le Quai d'Orsay a également regretté une décision "incompréhensible et injustifiée", appelant à une issue humanitaire rapide.
Une crise diplomatique aggravée
L'affaire Sansal s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la France et l'Algérie. Depuis l'été 2024, les deux pays traversent une crise diplomatique majeure, déclenchée par la reconnaissance par Emmanuel Macron d'un plan d'autonomie pour le Sahara occidental sous souveraineté marocaine. Les relations se sont encore dégradées avec l'arrestation de l'écrivain en novembre 2024, entraînant des expulsions de diplomates et un gel des coopérations.
Le 6 mai, l'Assemblée nationale française a adopté une résolution appelant à la libération immédiate de Boualem Sansal et conditionnant toute coopération renforcée avec l'Algérie au respect des droits humains. La confirmation de sa peine en appel risque d'envenimer davantage les relations bilatérales.



