Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, un contingent inattendu de combattants étrangers a rejoint les forces ukrainiennes : des centaines de Latino-Américains, souvent désignés sous le nom de "Bolivar", en référence au libérateur Simón Bolívar. Venus principalement de Colombie, du Pérou, du Chili et d'Argentine, ces mercenaires sont attirés par des salaires pouvant atteindre 3 000 dollars par mois, une somme considérable dans leurs pays d'origine.
Un phénomène en pleine expansion
Selon les autorités ukrainiennes, environ 500 Latino-Américains servent actuellement dans la Légion internationale pour la défense territoriale de l'Ukraine. Ce nombre ne cesse de croître, alimenté par des recrutements via les réseaux sociaux et des bouche-à-oreille dans les milieux militaires. "Ils viennent chercher un salaire et parfois une cause", explique un officier ukrainien sous couvert d'anonymat.
Motivations diverses
Les motivations de ces combattants sont variées. Certains, comme Carlos, un ancien militaire colombien de 34 ans, disent vouloir "défendre la démocratie face à l'impérialisme russe". D'autres, comme Juan, un Péruvien de 28 ans, avouent être "poussés par le besoin d'argent". Les recruteurs promettent un contrat de trois mois renouvelable, avec une prime de risque et une couverture médicale.
Un précédent historique
Cette présence latino-américaine n'est pas sans rappeler les brigades internationales de la guerre d'Espagne. Cependant, contrairement à ces volontaires idéalistes, les Bolivar sont souvent des professionnels aguerris, parfois issus de conflits internes comme en Colombie. "Ce sont des soldats expérimentés, habitués aux combats en jungle et en montagne", note un analyste militaire cité par le journal.
Réactions et controverses
La Russie a dénoncé cette présence, accusant Kiev de recourir à des "mercenaires étrangers". Moscou menace de les traiter comme des combattants illégaux, sans protection des conventions de Genève. De leur côté, les gouvernements latino-américains restent discrets, craignant des représailles diplomatiques. Le Pérou a rappelé que ses citoyens n'avaient pas le droit de servir dans des armées étrangères sans autorisation.
Impacts sur le conflit
Bien que peu nombreux, ces combattants apportent une expertise précieuse à l'armée ukrainienne, notamment dans le déminage et les opérations de reconnaissance. Leur présence soulève toutefois des questions éthiques et juridiques, alors que le conflit s'enlise. "Ils sont un symptôme de la mondialisation de la guerre", conclut un expert en relations internationales.



