Accord de paix Trump-Iran : les faucons MAGA montent au créneau
Accord Trump-Iran : les faucons MAGA s'inquiètent

Dans les rangs Maga, et jusqu'au cœur du noyau dur, l'accord de paix passé par Donald Trump avec l'Iran ne fait pas que des heureux. Au contraire, les "faucons de guerre", qui s'étaient pourtant empressés de défendre le président bec et ongles lorsque les premières bombes américaines se sont abattues sur Téhéran, s'inquiètent aujourd'hui que le deal nuise aux intérêts de Washington.

Un accord controversé

Si son contenu exact n'a pas encore été révélé, les premières informations font craindre à ces fidèles que l'accord conclu par Donald Trump ne suffise pas à couper court aux ambitions nucléaires de Téhéran... Voire qu'il les renforce. De telles inquiétudes s'étaient déjà manifestées lorsque le locataire de la Maison-Blanche avait annoncé le cessez-le-feu d'avril. Mais cette fois-ci, elles se sont démultipliées.

Réactions des faucons

Un "désastre", s'est ainsi exclamé sur X Marc Thiessen, qui a conseillé Donald Trump en privé tout au long de la guerre. Celui qui rédigeait les discours du président George W. Bush pendant la guerre en Irak, s'est notamment alarmé des informations selon lesquelles l'accord prévoirait la création d'un fonds de 300 milliards de dollars censé stimuler les investissements en Iran : "C'est comme s'il avait proposé le Plan Marshall pour reconstruire l'Allemagne alors que les nazis étaient encore au pouvoir". Donald Trump a depuis démenti, ce mercredi, la création d'un tel fonds.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Plus prudent, l'ancien secrétaire d'État de l'administration Trump 1, Mike Pompeo, a tout de même fait part de ses doutes lundi, disant prier "pour que tout accord préserve ces sacrifices et garantisse les intérêts du peuple américain".

Les critiques des parlementaires

Le sénateur républicain de la Caroline du Sud, Lindsey Graham, est de son côté passé par les réseaux sociaux pour verbaliser ses craintes, sur un ton "plutôt passif-agressif", comme le note le média américain CNN. Si l'élu a commencé son message en saluant les efforts déployés pour parvenir à un deal, il s'est dit "quelque peu préoccupé" par le fait que "l'interprétation de cet accord par l'Iran semble différer de celle avancée par l'équipe de négociation américaine". Et le sénateur de rappeler que, "conformément" à la législation américaine, lui et ses collègues du parlement devront se prononcer sur le texte. Il est "impératif que l'architecte de l'accord, le vice-président Vance, et ses partenaires de négociation, participent au processus de présentation de l'accord final au Congrès", a-t-il souligné.

Si les autres parlementaires républicains se sont montrés plus réservés que leur collègue sur les critiques, plusieurs ont toutefois demandé à consulter l'accord de paix.

Tensions dans les troupes Maga

Et les parlementaires ne sont pas les seuls à l'exiger. Dans les troupes Maga, les délais de publication de l'accord cristallisent les tensions, y compris auprès des plus zélés. Au micro de Fox News, le général retraité Jack Keane s'est agacé du flou qui entoure le deal. "J'ai du mal à concilier certaines informations provenant de sources fiables et émanant de l'administration. C'est ce qui me perturbe profondément", a-t-il déclaré lundi 15 juin. Quant à Mark Levin, un animateur de la chaîne conservatrice qui a pourtant démontré son soutien à cette guerre à de nombreuses reprises, il s'est exclamé sur X, dimanche : "Ça fait des jours que je demande pourquoi nous, le peuple, ne pouvons pas voir ce fichu protocole d'accord ? Franchement, je n'ai jamais rien vu de pareil."

Des fidèles devenus "propagandistes"

Ces critiques constituent un camouflet d'autant plus violent pour l'administration Trump, que celle-ci, lorsque la cote de popularité du président pâtissait de la guerre, a pu compter sur le soutien quasi sans faille de ces faucons. Fidèle parmi les fidèles, cette armée de podcasteurs et d'animateurs ultraconservateurs, et surtout, ultra-influents, n'a pas hésité à défendre la politique étrangère interventionniste du président, alors qu'une large partie de sa base Maga réclamait le retour à la doctrine "America First".

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Une aide que Ben Shapiro, le très populaire influenceur conservateur, n'a pas manqué de rappeler au locataire de la Maison-Blanche. "Si le président a signé un mauvais accord, beaucoup d'entre nous qui l'avons applaudi et soutenu, et qui pensions que son action en Iran était héroïque, serons extrêmement déçus", a-t-il tancé lors d'une interview récente. Et de cingler : "Gagner la première mi-temps d'un match de basket ne suffit pas, il faut conclure le match".

Vance sous le feu des critiques

Comme le remarque CNN, les foudres des faucons semblent viser davantage J.D. Vance, l'architecte de cet accord, connu pour sa politique étrangère plus laxiste, que Donald Trump. Aussi, depuis le début de la semaine, le vice-président s'est lancé dans un tour des plateaux dans l'espoir de rassurer ses troupes, notamment sur la question du fond de reconstruction pour Téhéran. "Les Iraniens ne recevront pas un centime s'ils ne se tiennent pas à carreau et ne changent pas leur comportement", a-t-il promis lundi devant les journalistes de Fox News. Balayant les critiques, J.D. Vance a fustigé les "propagandistes" qui veulent que la guerre continue "jusqu'à ce que chaque bombe ait été larguée, ou jusqu'à ce que chaque Iranien soit mort". "Ce n'est pas ce que souhaite le président des États-Unis", a-t-il ajouté.