La guerre en Ukraine a franchi une nouvelle étape judiciaire cette semaine. La justice ukrainienne, soutenue par Europol, a bouclé la deuxième phase d'une longue enquête visant les mercenaires des groupes paramilitaires Wagner et Redut, liés à Moscou. Au total, 654 membres de ces milices privées sont désormais soupçonnés de crimes de guerre, notamment des exécutions de prisonniers de guerre ou de civils, ainsi que des crimes sexuels commis en marge des combats.
Des suspects de plusieurs nationalités
Parmi les suspects figurent des ressortissants d'Ukraine, de Moldavie, du Kazakhstan, d'Ouzbékistan, du Tadjikistan, du Turkménistan, d'Azerbaïdjan, d'Arménie et de Bosnie-Herzégovine. Ce mercredi, une opération conjointe de la police ukrainienne et des forces de sécurité moldaves a permis des perquisitions dans 70 domiciles, avec la saisie d'armes, de munitions, de documentation sur le groupe Wagner et d'équipement électronique. Des preuves vidéo et photographiques ont également établi la participation de plusieurs Ukrainiens et Moldaves à des actes commis en Ukraine, mais aussi en République démocratique du Congo.
Coopération internationale
Europol a transmis de manière confidentielle et sécurisée les noms de 280 ressortissants ayant combattu sous les couleurs de Wagner et de Redut, une autre société paramilitaire russe proche du ministère de la Défense, qui a subi de lourdes pertes lors des premiers jours de l'invasion. Actuellement, 11 Ukrainiens ont été inculpés pour haute trahison, et les enquêtes se poursuivent.
Progrès dans l'enquête sur Boutcha
Parallèlement, la justice ukrainienne a lancé des avis de recherche contre six soldats russes soupçonnés d'avoir abattu 17 civils à Boutcha, où 358 corps avaient été retrouvés le 2 avril 2022. Ces victimes ont été tuées dans une même rue par des militaires de la 76e division aéroportée russe, dirigés par un lieutenant vivant toujours dans la région de Moscou. Au total, l'Ukraine a bouclé ses enquêtes sur 80 des 358 assassinats de Boutcha.



