La Colombie a basculé dans une nouvelle ère politique ce dimanche avec l'élection d'Abelardo de la Espriella, un candidat d'extrême droite ouvertement pro-Trump, qui a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec 52% des suffrages exprimés, contre 48% pour son rival de gauche Gustavo Petro. Ce scrutin, marqué par une participation de 58%, a consacré un virage à droite radicale dans un pays longtemps dominé par le centre droit.
Un discours de rupture et de fermeté
Agé de 57 ans, Abelardo de la Espriella, sénateur et avocat de formation, a bâti sa campagne sur un programme sécuritaire ultra-répressif et un nationalisme économique. Il a promis de "restaurer l'ordre" face à la guérilla et au narcotrafic, proposant l'état d'urgence et le déploiement de l'armée dans les zones rurales. Sur le plan économique, il prône une dérégulation massive et une réduction des impôts pour les entreprises, s'inspirant des politiques de Donald Trump, qu'il a rencontré à plusieurs reprises.
"Nous allons mettre fin au chantage des groupes armés et faire de la Colombie un pays où l'initiative privée est reine", a-t-il déclaré lors de son dernier meeting à Bogota. Son élection a été saluée par l'ancien président américain, qui a tweeté : "Félicitations à Abelardo, un grand ami des États-Unis. La Colombie va enfin être gouvernée par un homme fort."
Une victoire qui reflète la polarisation
Le scrutin a révélé une Colombie profondément divisée. De la Espriella a triomphé dans les régions rurales et les petites villes, tandis que Petro a dominé dans les grandes métropoles comme Bogota, Medellin et Cali. Les analystes estiment que la peur du "castro-chavisme" a joué un rôle clé, Petro étant régulièrement accusé par ses adversaires de vouloir imiter le Venezuela voisin.
"Cette élection montre que la majorité des Colombiens préfère un leadership autoritaire à l'incertitude d'une transition vers la gauche", explique Maria Jimena Duzan, politologue à l'Université des Andes. "Mais le pays reste fracturé, et le nouveau président devra composer avec une opposition qui contrôle le Congrès."
Les défis d'un président controversé
De la Espriella hérite d'une économie fragile, avec un taux de chômage de 11% et une inflation galopante à 9,5%. Sa promesse de renégocier les accords de paix avec les FARC, qu'il qualifie d'"échec", suscite l'inquiétude de la communauté internationale. L'ONU a appelé à "préserver les acquis du processus de paix".
Le nouveau président a également annoncé son intention de rompre les relations diplomatiques avec le Venezuela de Nicolas Maduro et de renforcer la coopération militaire avec les États-Unis. Sur le plan environnemental, il a promis de relancer l'exploitation pétrolière et minière, ce qui a provoqué la colère des organisations écologistes.



