Un raccourci vers Mars ?
Et si le raccourci vers Mars, tant fantasmé au cinéma et à la télévision, existait déjà ? Une anomalie céleste penchant dans ce sens, d'abord prise pour une simple erreur de calcul, pourrait bien révolutionner l'exploration spatiale. Un cosmologue brésilien affirme avoir identifié un « passage secret » dans notre système solaire, capable de réduire de moitié le temps d'un voyage vers la planète rouge. Une découverte qui, si elle se confirme, transformerait la science-fiction en réalité.
Une étude prometteuse
Selon une étude publiée en avril dans la revue scientifique Acta Astronautica et relayée par Live Science, des chercheurs ont identifié des corridors interplanétaires inédits susceptibles de transformer radicalement l'architecture des futures missions martiennes. À condition, toutefois, que les technologies de propulsion progressent à un rythme encore hypothétique.
Les défis actuels des voyages martiens
Aujourd'hui, l'idée même d'un voyage humain vers Mars demeure corsetée par la mécanique céleste. Dans les profils de mission actuellement envisagés par les agences spatiales, le trajet aller nécessite entre sept et dix mois. Puis vient l'attente. Car la Terre et Mars ne s'alignent favorablement qu'environ tous les vingt-six mois, obligeant les équipages à patienter avant de pouvoir revenir. Un aller-retour complet approche les trois années.
Une découverte inattendue
« Je ne cherchais absolument pas cela », confie Marcelo de Oliveira Souza, cosmologue à l'Université d'État du Nord-Rio de Janeiro, à Live Science. L'origine de cette hypothèse tient presque du coup de chance. En 2015, Souza étudiait les astéroïdes proches de la Terre lorsque 2001 CA21 a attiré son attention. Les premières estimations de son orbite, bien qu'imprécises, suggéraient une trajectoire rare, croisant à la fois les orbites terrestre et martienne. Des données plus précises ont par la suite infirmé cette configuration. Pourtant, le chercheur avait déjà saisi l'importance de cette piste.
Un trajet Terre-Mars express
Certaines données orbitales initiales, habituellement abandonnées une fois affinées, pourraient receler des indices géométriques précieux pour concevoir des transferts interplanétaires beaucoup plus directs. Lors de l'opposition martienne d'octobre 2020 – période durant laquelle la Terre et Mars se trouvaient du même côté du Soleil et particulièrement proches –, Marcelo de Oliveira Souza a calculé qu'un trajet Terre-Mars de seulement trente-quatre jours était théoriquement envisageable. Une durée presque irréelle à l'échelle des standards actuels.
Mais cette trajectoire fulgurante exigerait des performances hors de portée des technologies contemporaines. Le vaisseau devrait quitter la Terre à environ 32,5 kilomètres par seconde et atteindre Mars à plus de 108 000 km/h. Des vitesses que ni les systèmes de propulsion ni les dispositifs d'atterrissage actuels ne sauraient absorber sans risques extrêmes. Plutôt que de s'en tenir à cette version quasi spéculative, le chercheur a alors utilisé la géométrie inspirée de 2001 CA21 pour examiner d'autres fenêtres de tir plus réalistes, notamment lors des oppositions de 2027, 2029 et 2031. C'est cette dernière échéance qui concentre désormais l'attention.
La contrainte orbitale qui change la donne
À l'aide d'une méthode classique de mécanique orbitale, combinée à une contrainte de proximité avec le plan orbital de l'astéroïde, le chercheur estime qu'une mission complète pourrait être accomplie en 153 jours seulement, soit environ cinq mois. Dans ce scénario, le départ aurait lieu le 20 avril 2031. Le vaisseau atteindrait Mars après trente-trois jours de voyage, y demeurerait environ un mois, puis repartirait vers la Terre pour un retour prévu autour du 20 septembre.
Une autre variante, moins énergivore, porterait la durée totale à environ 226 jours – soit sept mois et demi –, tout en restant très inférieure aux standards envisagés aujourd'hui. Le principal verrou reste celui de la propulsion. Les vitesses requises rappellent toutefois certains exploits déjà accomplis par des sondes automatiques. La mission New Horizons, lancée vers Pluton en 2006, avait quitté la Terre à plus de 16 kilomètres par seconde – un record pour un objet fabriqué par l'homme. Selon le chercheur, les futures générations de lanceurs lourds, comme Starship de SpaceX ou New Glenn de Blue Origin, pourraient rapprocher ces ambitions de la réalité.



