Tulsi Gabbard aurait été influencée par une secte hindouiste, selon le Washington Post
Tulsi Gabbard sous influence d'une secte hindouiste ?

L'ancienne directrice du renseignement intérieur américain, Tulsi Gabbard, aurait été sous l'influence d'une secte hindouiste, selon une enquête du Washington Post publiée cette semaine. Nommée par Donald Trump à la tête de la direction du renseignement intérieur (supervisant la CIA, le FBI et 16 autres agences nationales), elle a quitté ses fonctions en juin 2026 après un mandat de février 2025 à juin 2026.

Un gourou nommé Chris Butler

L'enquête du quotidien américain se concentre sur Chris Butler, un chef religieux de 78 ans que Tulsi Gabbard a un jour décrit comme « son gourou ». Né aux Samoa et ayant grandi à Hawaï au sein du groupe religieux « Hare Krishna », Gabbard a été élevée dans cette communauté fondée et dirigée par Butler, dont ses parents faisaient partie. L'organisation pratique une forme d'hindouisme centrée sur la dévotion à Krishna, la méditation, le yoga et un régime alimentaire spécifique. Elle est considérée comme sectaire en raison de la dévotion absolue exigée des membres et du contrôle exercé par sa direction.

Chris Butler, décrit comme « fils d'un médecin d'extrême gauche », a commencé à enseigner le krishnaïsme et la méditation après avoir quitté l'université d'Hawaï à la fin des années 1960. Charismatique, il a attiré des disciples convaincus qu'il communiquait directement avec Krishna. En 1977, il a fondé sa propre organisation politique, la Science of Identity Foundation (SIF), dont les enseignements « ne s'inscrivaient dans aucun courant : il s'en prenait aux musulmans, à l'homosexualité, au contrôle des armes à feu et à l'école publique, tout en promouvant l'écologie et l'anticapitalisme ».

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25 000 pages de directives

Les enquêteurs du Washington Post ont eu accès à 25 000 pages de notes de service provenant du SIF, reflétant des directives données à Gabbard, principalement lors de ses deux premiers mandats au Congrès (2013-2021). « Certaines contenaient des instructions sur les lois qu'elle devait proposer, les politiques qu'elle devait adopter et la manière dont elle devait se comporter à la télévision. Elles dégageaient une impression d'autorité », précise l'article. Les sujets abordés étaient variés, « allant des impôts à la mystérieuse disparition, la même année, du vol MH370 de Malaysia Airlines ». Certaines retranscriptions de discussions entre membres du SIF incluaient des commentaires très durs sur les performances de Gabbard. Cependant, « l'orateur principal de chaque mémo – la personne qui semblait donner des directives – n'était pas nommé ».

Rebecca Saltzburg, ancienne proche de Chris Butler, qu'elle accuse d'avoir couvert des agressions physiques et sexuelles au sein du groupe, affirme sans équivoque que ce gourou est l'auteur de ces conseils. Les documents révèlent également une implication des membres du SIF dans la campagne de Gabbard, avec la création de faux comptes sur les réseaux sociaux pour la promouvoir. Interrogés, les membres du SIF ont réfuté ces accusations.

Un parcours politique atypique

Tulsi Gabbard, passée d'élue démocrate conservatrice à alliée de Bernie Sanders et candidate à la présidence, puis à chroniqueuse de Fox News et soutien de Donald Trump, a été nommée par ce dernier à un poste lui donnant accès aux secrets les plus sensibles du pays. L'enquête du Washington Post n'a pas permis de déterminer si Chris Butler a exercé une influence lors de son passage à la tête du renseignement. Gabbard a annoncé en mai son intention de quitter ses fonctions après le diagnostic d'un cancer de son mari. Des soupçons planent sur le fait qu'elle aurait été contrainte de démissionner en raison de tensions avec la Maison-Blanche.

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