Donald Trump réclame jusqu'à 5 milliards de dollars à la BBC
Trump réclame 5 milliards de dollars à la BBC

Donald Trump réclame jusqu'à 5 milliards de dollars à la BBC

Le président américain Donald Trump a annoncé, ce vendredi 14 novembre 2025, son intention de réclamer en justice un montant pouvant aller jusqu'à cinq milliards de dollars de dommages-intérêts à la BBC, malgré les excuses présentées par le géant de l'audiovisuel public britannique. Cette action fait suite à la diffusion d'un montage vidéo trompeur impliquant le président américain.

Les faits : un montage controversé

L'institution britannique est dans la tourmente depuis des révélations concernant son magazine phare d'information Panorama. Juste avant la présidentielle américaine de 2024, ce programme a diffusé des extraits distincts d'un discours de Donald Trump du 6 janvier 2021, montés de telle façon que le républicain semble appeler explicitement ses partisans à attaquer le Capitole à Washington. Ce montage a provoqué une crise au sein de la BBC, entraînant la démission de son directeur général Tim Davie et de sa patronne de l'information Deborah Turness.

La réaction de Donald Trump

Donald Trump a déclaré à bord d'Air Force One : "Nous allons les poursuivre pour un montant compris entre un et cinq milliards de dollars, probablement dans le courant de la semaine prochaine. Je pense que je dois le faire. Ils ont même admis avoir triché." Il avait initialement menacé de réclamer un milliard de dollars, une somme déjà gigantesque représentant 13 % des revenus annuels du groupe financé par la redevance. Le président américain a également annoncé qu'il prévoyait d'aborder le sujet avec le Premier ministre britannique Keir Starmer : "Je vais l'appeler ce week-end. Mais il m'a lui-même contacté et il est très gêné."

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La position de la BBC

Le président de la BBC, Samir Shah, a envoyé jeudi à Donald Trump une "lettre personnelle" d'excuses. Cependant, il conteste toute base légale pour une plainte en diffamation, soulignant que le documentaire intitulé Trump : A Second Chance n'était pas disponible sur le territoire américain et n'a pas empêché le républicain de se faire réélire. Le document ne sera plus rediffusé sur une chaîne ou plateforme de la BBC. Par ailleurs, la BBC examine un deuxième cas de possible montage trompeur du même discours, dans un autre programme phare diffusé dès 2022.

Implications politiques et diplomatiques

Cette affaire s'invite dans les relations entre Londres et Washington, alliés très proches. Interpellé mercredi au Parlement sur le sujet, le Premier ministre Keir Starmer a promis de "défendre une BBC forte et indépendante", tout en évitant de dire s'il comptait demander à Donald Trump de renoncer à son attaque en diffamation. Au Royaume-Uni, la controverse a relancé le débat sur le fonctionnement de l'audiovisuel public et son impartialité, alors que le groupe a déjà été bousculé par plusieurs polémiques et scandales.

Les précédentes actions de Trump contre les médias

Le président américain a multiplié les menaces et actions en justice contre des médias américains, mais jamais contre des médias étrangers. Avant son ultimatum, il avait qualifié les journalistes de la BBC de "corrompus" et "malhonnêtes". Sa porte-parole, Karoline Leavitt, avait aussi appelé les téléspectateurs britanniques à regarder plutôt la chaîne conservatrice GB News, qui a publié vendredi soir un entretien avec le président américain où il défend sa volonté d'attaquer la BBC : "Si on ne le fait pas, on ne peut pas empêcher que cela se reproduise avec d'autres."

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