Rwanda : la cour d'appel annule le non-lieu d'Agathe Habyarimana
Rwanda : non-lieu annulé pour Agathe Habyarimana

La cour d'appel de Paris a annulé, ce mercredi 6 mai 2026, le non-lieu prononcé en faveur d'Agathe Habyarimana, veuve de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana. Cette décision relance les poursuites judiciaires contre elle pour complicité de génocide et crimes contre l'humanité, dans le cadre du génocide des Tutsi en 1994.

Une procédure longue de près de deux décennies

Agathe Habyarimana, 84 ans, est visée par une enquête en France depuis 2008. Elle est accusée d'avoir participé à la planification du génocide qui a fait près de 800 000 morts entre avril et juillet 1994. En 2021, un juge d'instruction avait rendu une ordonnance de non-lieu, estimant que les charges n'étaient pas suffisantes. Mais la partie civile, représentée par des associations de victimes, avait fait appel.

La cour d'appel a estimé que les investigations devaient être approfondies, notamment sur le rôle présumé d'Agathe Habyarimana dans la mise en place des milices Interahamwe et dans l'élaboration des listes de personnes à éliminer. Les juges ont également souligné l'existence de témoignages et de documents qui n'avaient pas été suffisamment exploités.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une décision saluée par les associations

Les associations de défense des droits de l'homme et les rescapés du génocide ont accueilli favorablement cette annulation. Maître Richard, avocat de plusieurs parties civiles, a déclaré : "C'est une étape cruciale vers la vérité et la justice. Agathe Habyarimana doit répondre de ses actes devant la justice française."

De son côté, la défense d'Agathe Habyarimana a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Me Philippe, son avocat, a dénoncé une décision "politique" et "injuste", estimant que sa cliente était "une femme âgée et malade" qui n'avait pas à être poursuivie.

Un contexte politique tendu

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et le Rwanda. Kigali a souvent critiqué la lenteur de la justice française dans les affaires liées au génocide. En 2021, la France a reconnu sa responsabilité dans le génocide, mais les procédures judiciaires restent complexes.

Agathe Habyarimana vit en France depuis 1998, où elle bénéficie d'une protection rapprochée. Elle est la seule personnalité de premier plan du régime rwandais à faire l'objet de poursuites en France. D'autres figures, comme l'ancien préfet de Kigali ou des responsables militaires, ont été condamnés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

La cour d'appel a ordonné la reprise de l'instruction, qui devra être menée par un nouveau juge. Les investigations pourraient encore durer plusieurs années. En attendant, Agathe Habyarimana reste sous contrôle judiciaire.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale